Stephen King : écrire, écrire, écrire encore, "Je n'ai jamais eu le choix"

Clément Solym - 31.08.2015

Edition - International - Stephen King - romans publier - production activité


Trop, est-ce vraiment trop, quand on est le King ? Signant un joli texte dans le New York Times, Stephen King semble s’est mis en position de défendre son travail. L’ensemble de ses 55 ouvrages, avec cette interrogation : « Un romancier peut-il être trop productif ? » Quand le meilleur conteur d’histoires actuelles s’interroge, le mieux est encore de suivre ses réflexions.

 

Stephen King Caricature

Mark Rain, CC BY 2.0

 

 

C’est avec d’autant plus de panache que King prend la plume, qu’il ne parle finalement que peu de lui. Évoquant les 61 livres de Joyce Carol Oates – dont 11 sous pseudonymes – ou encore les 564 livres de John Creasey – et ses 21 pseudonymes – le maître de l’horreur fait mouche. D’autres existent que l’on passera en revue : Barbara Cartland signa 700 ouvrages, Ursula Bloom plus de 500 ou encore Agatha Christie, avec 91 romans, dont neuf signés par Mary Westmacott ou Agatha Christie Mallowan...

 

Alors productivité, ou productivisme ? Le Roi, consultant l’œuvre de ses confrères, revient avant tout sur son propre parcours.

 

« Je suis un ancien alcoolique, qui n’a pas bu un verre depuis près de 27 années et ces temps-ci, l’idée de boire me traverse rarement l’esprit », entame King. Cependant, en songeant à la production de Donna Tartt et Jonathan Franzen, lui revient une histoire d’alcool, ou presque. 

 

C’était dans un restaurant, poursuit King, où il mangeait avec sa femme. « Il y avait deux dames âgées à une table voisine. Elles parlaient avec beaucoup d’enthousiasme, durant leur repas, tandis que leurs verres de vin blanc, à moitié finis, restaient comme oubliés sur la table. Je sentis une forte envie de quitter ma place et d’aller leur parler. »

 

Pourquoi ? Pour leur demander, alors que lui était devenu totalement sobre, ce qui les empêchait de finir leur verre. « Certains d’entre nous ne peuvent pas boire de vin, n’ont plus ce privilège, alors que vous le pouvez : pourquoi diable ne le faites-vous pas ? »

 

Interrogation légitime ? Probablement, mais qui laisse comprendre le fil que déroule King : quand c'est possible, pourquoi se priver ?

 

"Je n'ai jamais eu le choix"

 

En évoquant les huit livres de Tartt et Franzen, Stephen King se plaint de ces périodes infinies qui s’installent entre deux parutions. « Je comprends que chacun d’entre nous travaille à une vitesse différente, et que son fonctionnement diffère. » Mieux : il y a ces auteurs qui réécrivent, sans cesse, cherchant à sculpter, modeler, etc. « Je sais que ce n’est pas de la paresse, mais du respect pour le travail, et je comprends que, dans ma propre production, la hâte fait des déchets. »

 

Mais c’est bien le goût, le plaisir qui anime le Roi de l’horreur. « Mon idée est modeste : la prolixité est parfois inévitable, et à sa place. » Et pour lui, cette surproduction s’est imposée comme un schéma inévitable. « Oui, j’ai publié plus de 55 romans. Oui, j’ai utilisé un pseudonyme (Richard Bachman). Oui, j’ai publié durant une année quatre livres. Et oui, j’ai une fois écrit un roman en une seule semaine (The Runing Man). Mais je peux dire, en toute honnêteté, que je n’ai jamais eu le choix. » 

 

Pour calmer le tumulte dans son esprit, et le fourmillement d’idées, il n’avait que 10 doigts à disposition et une seule machine à écrire. Et lui-même, comme Joyce Carol Oates, a des histoires à raconter. Bien d’autres encore.


Pour approfondir

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Mudwoman

de Joyce Carol Oates

Etouffée par la boue : voilà comment aurait du finir la petite " Mudgirl ", si un couple de Quakers ne l'avait pas sauvée in extremis des griffes de sa mère démente. Pendant des années, ses parents adoptifs la protègeront des conséquences de son ignoble passé. Adulte, devenue présidente d'une université de renom, elle doit retourner sur les lieux de son enfance. Confrontée à ses origines et à des angoisses professionnelles qui la rongent de manière imprévisible, elle sombre peu à peu dans la folie.

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