Réfugiés : aujourd'hui, l'Europe semble se réveiller

Nicolas Gary - 04.12.2015

Edition - Société - réfugiés bienvenue - Nations Unies - Barbara Hendricks


En présence de la cantatrice et ambassadrice à l’ONU Barbara Hendricks, les éditions Points présentaient ce 3 novembre leur ouvrage Bienvenue !, 34 auteurs pour les réfugiés. Les bénéfices seront reversés au Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. Et au cours de la soirée, plusieurs des auteurs ayant contribué étaient présents pour des lectures. 

 

 

 

C’est à Philippe Leclerc, représentant du Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR), qu’est revenu le soin de brosser le tableau. « Quand Points nous a rejoints, nous nous sommes sentis moins seuls. » La crise des réfugiés, insiste-t-il, ne date ni d’hier, ni des premières arrivées sur les côtes grecques ou italiennes. Depuis une dizaine d’années, des familles s’expatrient, observe-t-il, avec le sentiment « qu’aujourd’hui l’Europe se réveille, avec, parfois, ses démons, mais également cette solidarité qui sommeille ».

 

En France, la situation est « encore frémissante », note-t-il, alors que le phénomène migratoire des réfugiés « est en constante augmentation ». Et dans le même temps, les Nations Unies deviennent impuissantes à traiter seules cette problématique. « Chaque année, nous devons essentiellement commenter les chiffres – qui cachent des vies brisées, mais qui peuvent se reconstituer ».

 

 

 

Après 25 années de travail pour le HCR, Philippe Leclerc observe avec un certain espoir « ce mot que je n’aime pas trop en français » : la résilience, une capacité à résister et rebondir. « Pour ce faire, il faut être accompagné, parrainer. » Pas seulement par l’État, mais également les citoyens, au jour le jour. « Les réfugiés fuient des conditions terribles dans leur pays, ainsi que des proches, leur famille. Ils laissent la mort derrière eux, comme c’est le cas en Irak ou en Syrie. »

 

Allemagne et Suède ont déjà fait beaucoup, et le HCR espère que la France se joindra maintenant à elles, pour accueillir « ceux qui ont fui les persécutions, la guerre, et les conditions particulièrement difficiles de leur voyage ». Près de 30.000 personnes arrivées sur les côtes grecques et italiennes devraient arriver en France – seules 19 sont à ce jour installées.

 

La suite, c’est Barbara Hendricks qui la commentera. « Les gens sur le terrain sont extrêmement dévoués. C’est une vie très difficile, qui ne se marie pas très bien avec une vie de famille. »