Registre ReLIRE : 623 éditeurs pèsent 87 % des livres à numériser

Nicolas Gary - 12.04.2013

Edition - Société - oeuvres indisponibles - registre ReLIRE - numérisation


Avant de pouvoir exploiter la première liste d'oeuvres indisponibles présentée par le Registre ReLIRE, la difficulté première était de nettoyer la base. Si les recherches par auteurs sont simples, celles par éditeurs présentent de réels soucis : pour un nom de maison, on retrouve plusieurs formulations (Edtions Tar Tampion, Ed. T. Tampion, Tar Tampion, etc.) Complexe à exploiter. Très complexe.

 

 


 

 

Cependant, quelques premiers éléments, strictement statistiques, avec une marge d'erreur très faible ont commencé à jaillir. 

 

Ainsi, on peut noter que la base de données des 59.753 titres présents dans la première liste du registre, on constate que 4013 éditeurs sont référencés. Ils sont ainsi 15 %, soit 623 éditeurs, à disposer de 52.393 ouvrages - soit 87 % de la base. 

 

Notons également que la liste compte 41.354 auteurs. Ainsi, 328 auteurs, soit moins de 1 % de l'ensemble des écrivains référencés, représentent à eux seuls 6330 ouvrages, soit 10,6 %. On compte également 34.079 auteurs principaux. Et parmi ceux-là, 29.973 ne comptent qu'un seul titre référencé. Ils sont en revanche 9778 à en compter entre 2 et 10.

 

Le top 10 des auteurs qui disposent du plus grand nombre d'ouvrages est le suivant

 

107 pour Georges-Jean Arnaud

96 pour T. Trilby

87 pour le Commissariat général du plan

73 pour Michel Brice

72 pour Paul Kenny

71 pour Jimmy Guieu

70 pour Charles Exbrayat

67 pour les diocèses de l'Eglise catholique

65 pour le Conseil économique et social

55 pour la Direction de la documentation française

55 pour Brice Pelman

 

Ajoutons également la liste des 10 éditeurs les plus concernés

 

3522   Presses universitaires de France

1966   Fleuve noir 3,3%

1393   R. Laffont 2,3% 

1338   Du Cerf 2,2%

1287   Seuil 2,15% 

1015   Plon 1,7% (Editis)

940     Gallimard 1,6%

869     A. Michel 1,45%

1525   É. Privat 2,55% 

852     Flammarion 1,42% 

 

 

Dans tous les cas, on ne peut que constater un certain phénomène de concentration, plus que de diversité éditoriale dans la liste des éditeurs. Un phénomène moins important, pour les auteurs, quoiqu'assez similaire. 

 

 


 

 

On peut aussi se remémorer les deux tableaux proposés par la Team Alexandriz, qui a établi quelques statistiques sur les dates de publication des ouvrages considérés comme indisponibles.

 

 

 

 

Rappelons également que pour constituer la base de titres indisponibles, la BnF a fait appel à Electre/Le cercle de la librairie, qui a fourni une liste de 50.000 titres, facturée 124.999 €. Il faudrait compter donc 2,5 € par ouvrage référencé, et donc, en extrapolant, que la constitution de la base de 500.000 titres coûterait à elle seule 1,249 million €. 

 

Une indexation qui a d'ailleurs attiré l'attention du député Lionel Tardy, (UMP - Haute-Savoie), qui dans une question parlementaire adressée à la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, aimerait bien quelques précisions. 

 

M. Lionel Tardy demande à Mme la ministre de la Culture et de la Communication de lui donner des indications sur le coût de réalisation et d'entretien du moteur de recherche de livres indisponibles ReLire, récemment ouvert sur le portail de la Bibliothèque nationale de France.

 

Une demande des plus légitimes, si l'on se souvient que Bruno Racine, président de la BnF avait , à ce titre, expliqué en mars 2012 que « 50 millions d'euros semble un ordre de grandeur plausible », pour la numérisation des 500.000 titres. En outre, une partie de cette somme proviendrait directement des caisses du CNL, qui a manifestement assisté à une réorientation des fonds alloués à la numérisation du patrimoine.

 

Un crédit de 1 million € serait en effet extrait de la numérisation du marché Jouve/Numen pour la numérisation du domaine public, afin d'assurer la numérisation de 10.000 premiers titres contenus dans la liste des oeuvres indisponibles.