Rejet de la plainte en diffamation contre John Grisham

Clément Solym - 19.09.2008

Edition - Justice - John - Grisham - Diffamation


Depuis un bon moment, John Grisham ne se fait plus d'illusions sur la littérature. Pourtant, cette décision de justice pourrait le faire changer d'avis. L'auteur de nombreux best-sellers, dont beaucoup décrivent le sud rural des États-Unis ou se déroulent en milieu judiciaire avait été traîné en justice l'an passé par l'ancien procureur du comté de Pontotoc, ainsi qu'un membre du State Bureau of Investigation, Gary Rogers et un criminologue, Melvin Hett.

Un livre qui ne présentait pas les autorités à leur avantage

Les plaignants prétendaient que le livre de Grisham les plaçait dans une position qui portait atteinte à leur droit moral : dans ce dernier, l'auteur revenait sur la condamnation décrite comme abusive de deux hommes, reconnus coupables d'un meurtre en 1982. Mais le juge de district Ronald White a rejeté hier la plainte, lors d'une séance qui se tenait à la cour du district est de l'Oklahoma.

En effet, les deux hommes condamnés Ron Williamson et Dennis Fritz furent autorisés à faire des tests ADN qui prouvèrent leur innocence, et furent libérés près de 12 ans après leur incarcération. Le témoin clef de l'affaire, Glenn Gore, fut finalement relié à l'affaire, puis reconnu coupable et condamné à perpétuité. Dans son verdict, le juge a conclu qu'il était important que l'on soit critique à l'égard du système judiciaire « afin que les erreurs du passé ne se reproduisent plus ».

Et d'affirmer que la condamnation abusive des deux hommes devait pouvoir être ouvertement discutée. Ce que faisait bien Innocent Man, le livre de Grisham. Pour Barry Scheck, fondateur de Innocence Project, société pour les droits des prisonniers, c'est « une grande victoire pour la liberté d'expression et pour s'assurer que les agents rendent publiquement des comptes sur leur rôle, dans le cadre de condamnations injustifiées ». L'auteur n'a pas commenté cette décision.