ReLIRE : "participer à l'essor du libraire numérique de demain"

Nicolas Gary - 31.01.2014

Edition - Librairies - oeuvres indisponibles - librairie indépendante - libraire numérique


Christian Roblin, directeur de la Sofia, n'était pas convié à intervenir dans le cadre de la table ronde qui se déroulait hier à la Maison de la poésie. Il a cependant pris la parole à plusieurs reprises, pour apporter plusieurs précisions. L'une d'entre elles portait sur l'importance que les librairies, et les librairies indépendantes, pouvaient revêtir. Attention, ne pas sourire, cela est très sérieux.

 

 

 

 

« Le projet repose sur une distribution par le libraire, vis-à-vis du client final, et c'est une aide pour ce libraire à devenir un intermédiaire du numérique, et à offrir différentes solutions, qui sont notamment présentées durant les Assises du numérique du SNE », expliquait hier soir le directeur de l'organisme. 

 

Ces solutions, pour les clients, « vont permettre, d'une manière beaucoup plus facile d'acheter un droit, en ayant simplement une sorte de badge qu'on va scanner chez soi. Mais on l'achètera chez son libraire. Et si l'on peut accéder à l'ensemble de ces ouvrages anciens, depuis son libraire, la librairie a une chance de retrouver une respiration à l'ère du numérique.

 

Et l'on sait très bien, nous, les uns et les autres, qui aimons les livres et qui aimons les libraires, nous n'achetons pas ce que nous achetons sur internet. Nous achetons beaucoup d'autres choses. Si le libraire fait bien son métier, on a des éventaires, il présente un certain nombre d'ouvrages. Il a des ouvrages dans le fonds qui parfois nous intéressent et qui sont parfois loin du mot-clef que l'on a dans la tête et qu'on aurait mis. »

 

Et de conclure : « Je veux dire que ce projet va participer à l'essor du libraire numérique de demain. Il va conforter les fonds numériques. »

 

Le modèle de l'OPDS cité en exemple

 

Rappelons en effet que la Société de projet qui est derrière ReLIRE n'a pas vocation à vendre directement des livres numériques tirés du registre des oeuvres indisponibles. « Les ventes seront réalisées par le réseau de libraires susceptibles de vendre des fichiers numériques (France et Export) », précisait Régis Habert, chargé de ce dossier pour le Cercle de la librairie.

 

De même, et quoi que le mode de fonctionnement ne soit pas encore établi, tant dans la rémunération des auteurs que dans les modalités techniques à mettre en place, « ventes aux bibliothèques et aux lieux publics de lecture sont prévues par l'intermédiaire des libraires ». 

 

Il évoquera également, pour faciliter cette commercialisation des ouvrages numériques dans les librairies, le principe du standard OPDS, ou Open Publication Distribution System. Or, ce modèle n'est aujourd'hui proposé que pour Feedbooks. Hadrien Gardeur, fondateur de Feedbooks, en expliquait les grandes lignes à Lettres numériques

La raison d'être d'OPDS est assez simple à comprendre : dans un monde mobile, nous nous attendons à une expérience fortement intégrée, ou en quelques secondes on peut naviguer dans un catalogue, faire une recherche et télécharger un livre numérique.
Mais le plus souvent, cette facilité d'utilisation s'accompagne de limitations sur les usages : on doit forcément acheter ses livres auprès d'un libraire et du coup, il est impossible dans une même application d'emprunter des livres à sa bibliothèque et d'acheter des livres.

OPDS se veut le meilleur des deux mondes : une expérience totalement intégrée et facile pour l'utilisateur, tout en gardant un écosystème ouvert et décentralisé.

 

 

 

Cela ressemblerait d'ailleurs à une sorte de monde idéal 

Imaginez que vous entrez chez votre libraire de quartier, mais pour lui acheter un livre numérique.

Comme pour un livre papier, vous pouvez lui demander des recommandations ou flâner dans les rayons.

Une fois son choix effectué, le client paie pour son livre numérique comme il le ferait pour un livre papier.

Pas besoin de créer un compte, il lui suffit de donner son nom et son adresse mail pour immédiatement recevoir un lien par mail (vers le message OPDS).

En suivant ce lien, son application de lecture reçoit les métadonnées du livre et lance le téléchargement automatiquement.

 

« OPDS permettrait de mettre exactement en place le processus », à savoir l'achat en librairie, même en liquide, pour un livre numérique que « l'on reçoit directement sur sa liseuse, son smartphone ou sa tablette. Il n'y a pas que Amazon dans le décor, pour ce genre de choses. Et encore une fois, nous, on est attaché à la librairie indépendante, en France ».

 

Bien que cité en exemple pour une solution possible à ReLIRE, Feedbooks n'a cependant aucun lien avec le projet : 

 


 

On pourra en apprendre plus sur le principe de l'OPDS à cette adresse.