Relu par un colonel belge, Max Gallo en prend pour son grade

Julien Helmlinger - 13.08.2013

Edition - International - Max Gallo - Fernand Gérard - 1914 Le destin du monde


L'écrivain Max Gallo a beau siéger au sein de la prestigieuse Académie française, le voilà traité comme un historien tire-au-flanc. Et ce, pour la seconde fois par le même ancien colonel-ingénieur, retraité de l'armée belge. Ce dernier, Fernand Gérard, lecteur d'au moins quelques pages du livre 1914 le destin du monde, accuse l'académicien d'y avoir relaté bon nombre d'inepties. Sous les ordres de cet officier impitoyable, le romancier n'aurait probablement pas échappé à la corvée de patates.

 

 

 

 

L'ancien colonel, Fernand Gérard, avait déjà relevé quelques approximations historiques dans un précédent ouvrage de Max Gallo, 1940 de l'abîme à l'espérance. Il soutient en outre que Max Gallo se tromperait sur certaines dates, ou encore sur la localisation géographique de Brûly-de-Pesche, QG provisoire de Hitler. Et bien qu'il ait écrit une lettre à l'auteur, il regrette que celle-ci soit restée sans réponse.

 

En commentant ce nouveau récit de Gallo, se focalisant sur la partie belge de l'histoire de la Première Guerre mondiale, il sanctionne : « Lamentable, stupide, invraisemblable ». Partageant son constat avec le Cercle des officiers retraités de Liège, assemblée qui aurait réagi entre indignation et hilarité. Le vétéran ajoute : « Le drame est que l'auteur nous remet ça sans la moindre vergogne, ni respect pour ses lecteurs ! »

 

À propos de ce nouvel ouvrage sur 1914, le retraité conteste notamment le fait que selon Gallo des troupes germaniques commandées par le général von Emmich auraient franchi la frontière belge en train le 4 août de cette année. Et contrairement à ce que le livre affirme, ce ne seraient pas les mitrailleuses belges qui auraient canardé les Allemands à Liège, mais plutôt l'artillerie des douze forts entourant la ville. Et l'académicien confondrait des calibres d'obusiers.

 

Mais le pompon, c'est que l'ouvrage soutiendrait que les Belges qui résistaient à Anvers avec leur roi ont abandonné la ville pour se réfugier en France. Or, en réalité, à la chute de la place, l'armée belge et le Roi Albert se seraient repliés derrière l'Yser pour y poursuivre la lutte aux côtés des Alliés. Et ce, jusqu'à la grande offensive victorieuse.

 

Dans son courrier à Max Gallo, quant à lui silencieux sur le sujet, Fernand Gérard conclut : « La partie de votre livre relative à la Belgique constitue une relation erronée des faits, se situant aux antipodes du travail d'un historien rigoureux et soucieux de la vérité. »

 

Contactées par ActuaLitté, les éditions XO n'étaient pas en mesure de faire de commentaires. Probablement parce que l'auteur était en visite de nouveaux espaces historiques.