Remise du Prix Jean-Jacques Rousseau, sur fond de crise politique

Antoine Oury - 18.05.2015

Edition - Société - Prix Jean-Jacques Rousseau - Montmorency ville - Michèle Berthy UMP


Lorsqu'ActuaLitté avait rendu compte de la remise du Prix Jean-Jacques Rousseau de l'autobiographie, en 2013, l'événement avait eu lieu à Paris pour s'accorder avec l'emploi du temps du lauréat, Philippe Claudel. Cette année, rebelote, avec la remise de la récompense à Marceline Loridan-Ivens : mais cette fois, un refus de la mairie de Montmorency serait à l'origine de cette délocalisation.

 

 

L'équipe du prix, réunie autour de la lauréate Marceline Loridan-Ivens

 

 

Commençons par les réjouissances : la récompense a été remise ce samedi à Marceline Loridan-Ivens, pour son ouvrage Et tu n'es pas revenu (Grasset). Beau doublé pour l'auteure, qui a également été nommée commandeure de l'ordre de la Légion d'honneur. Le tout a été célébré au sein de la brasserie Le Rousseau, dans le 6e arrondissement de Paris.

 

André Mir, fondateur du prix et président de l'association Jean-Jacques Rousseau, comptait cette année sur le musée Jean-Jacques Rousseau de Montmorency pour accueillir la 6e édition du prix littéraire. Seule celle de 2013, donc, s'était déroulée à Paris. La mairie a strictement refusé l'accès au musée, quand bien même la directrice n'y verrait a priori pas d'inconvénients, d'après l'organisateur.

 

« Nous avons créé le prix en 2010 sous une municipalité socialiste, et on m'a vite catalogué avec ces personnes, malgré les précautions que j'ai prises pour ne pas mêler le prix avec la politique », explique André Mir, un peu désemparé. Les dernières élections municipales de Montmorency ont été remportées par l'UMP Michèle Berthy, après quelques années de parenthèse socialiste suite à des triangulaires qui avaient déchiré la droite locale.

 

Une subvention de 200 €, allouée au prix par la précédente mairie, a été supprimée, mais ce n'est pas le plus grave pour les organisateurs (la récompense est honorifique). « On nous a simplement refusé l'accès au musée, sans motif valable et alors que nous le faisions depuis des années », souligne André Mir. D'après lui, d'autres associations locales ont fait les frais des coupes budgétaires de la ville.

 

La récompense se retrouverait ainsi au milieu d'une sorte de règlement de compte politique : « Nous avons rencontré l'adjointe à la culture, qui nous a expliqué avoir cherché dans quelles conditions nous avions le droit d'utiliser le nom Jean-Jacques Rousseau », confie André Mir. Un comble. Nous avons cherché à joindre la mairie de Montmorency pour des explications, sans succès.

 

Le musée Jean-Jacques Rousseau appartient à la ville, et l'institution aurait elle aussi fait les frais de la nouvelle municipalité. Si le refus persiste, les prochaines années, Le Rousseau, à Paris, va devenir un lieu d'habitués : « C'est une situation idiote, car le prix permettait de faire parler du musée, de Rousseau, sans aucune dépense », conclut André Mir.