Remplacer des bibliothécaires par des bénévoles ? Du délire

Clément Solym - 23.11.2010

Edition - Bibliothèques - supprimer - bibliothèques - emploi


Les coupures de budget ne ravissent que rarement la population, et dans le cas des bibliothèques anglaises, les auteurs apportent un soutien vif et enthousiaste. Ces établissements considérés par Kate Mosse comme la première ligne de l'alphabétisation subissent actuellement les foudres gouvernementales.

Avec des Philip Pullamn, des Will Self ou des Kate Mosse pour plaider leur cause, les bibliothèques publiques disposent de porte-parole de premier plan. Si des fermetures d'établissements à grande échelle sont prévues, alors que les conseils municipaux revoient leur budget culture à la baisse.

Déplorant que les autorités locales ne voient dans les bibliothèques que des outils de prêt de livres et qu'on leur applique des logiques commerciales de rentabilité idiote, les écrivains poursuivent leur mouvement en faveur d'une préservation de ces lieux de découverte et de partage. L'une des tendances serait d'encourager au remplacement des professionnels par des bénévoles. Après tout, qui est irremplaçable dans ce monde ?

Pour Philip Pullamn, la situation est très préoccupante. « Le bibliothécaire n'est pas simplement un greffier-caissier, dont la fonction serait simplement appliquée par n'importe qui, et qui ne doit pas être payé pour ce qu'il fait. Ceux qui pensent que tous les experts peuvent être remplacés par un joyeux bénévole qui peut prendre ses fonctions et effectuer une tâche complexe pour pas beaucoup plus qu'une tasse de thé sont ceux-là mêmes qui fondamentalement souhaitent que tout le service public soit bouclé, fermé, voire aboli. »

Bien sûr, le romancier comprend les enjeux financiers, il n'est pas tout à fait demeuré, mais selon lui, la fermeture progressive des bibliothèques relève d'un malaise social bien plus profond encore. Pour subventionner ces établissements, il faut mettre en place des taxes, et alors que l'économie est encore fébrile, ce genre de solution paraît improbable.

Et Kate Moss d'ajouter qu'un bibliothécaire ne sert pas simplement de vendeur pour indiquer le rayon où trouver un livre. Il est également prescripteur par ses conseils.

Réponse du ministère de la Culture, des Médias et du Sport : « Les autorités locales ont l'obligation légale de fournir un service de bibliothèque publique dans leur communauté, et celle-ci est habilitée à commenter et expliquer ce qu'elle souhaite en guise de service local et s'impliquer. »