Rémunérations sur les ebooks chez Bayard : 9 à 12% pour les auteurs

Clément Solym - 17.01.2012

Edition - Les maisons - Bayard - Rémunération - La Charte


Ce lundi, la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse a rencontré les éditions Bayard pour discuter des droits d'auteurs, et des rémunérations qui en résultaient.

 

Le sujet paraît encore tabou au sein de l'univers littéraire. Eh oui, culture et argent ne font pas bon ménage. En apparence tout du moins.

 

Cette discussion animée par Franck Girard, directeur général de la maison, a abouti à une dévalorisation des œuvres numériques en général. La rémunération des auteurs pour les œuvres au format numérique devrait s'aligner sur celles au format imprimé. Bayard annonce un échelonnement des droits pour les auteurs de tout bord entre 9 et 12%.

 

 

Ces chiffres restent dans la moyenne nationale mais ne reflètent en aucun cas le coût réel du livre. Mais plus intéressant encore, ce principe ne figurera pas dans les contrats et sera assuré par « une confiance mutuelle ». Qu'est-ce que cela veut dire ? Mystère…

 

Le modèle économique de l'édition numérique prévoit une redistribution entre moins d'acteurs que l'édition dite « classique », et donc une augmentation in fine des marges de l'ensemble de ces mêmes acteurs.

 

Le numérique permet de combiner plusieurs activités, réparties pour l'imprimé. Si les grandes firmes comme Amazon, Google ou Apple remplissent le plus souvent le rôle de libraires pour le livre numérique, ce rôle peut également être celui de l'éditeur. En revanche, il n'y pas d'intermédiaires diffuseurs et encore moins d'imprimeurs pour les ebooks.

 

CQFD

 

Bref, il y a moins d'acteurs mais les auteurs n'en profitent pas. C'est là un mauvais point, et encore une preuve de la lenteur des éditeurs à se mettre à l'heure du numérique.

 

De plus, la Charte rapporte que pour l'équipe de Bayard, le marché des applications n'existe pas encore; alors que leur application Un jeu tirée du livre d'Hervé Tullet a été primée au salon du livre de Montreuil !

 

La conclusion de Franck Girard démontre non pas du malaise mais de l'incompréhension des grandes maisons d'édition : « le numérique est une nouvelle forme de papier, une nouvelle façon d'imprimer l'œuvre ». Tout est dit.