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Rencontres de la traduction : trouver des partenaires pour 2015

Nicolas Gary - 30.01.2014

Edition - Société - Rencontres de la traduction - Salon du livre de Paris


« Le Salon prend acte de la décision de  l'Association des traducteurs littéraires de France (ATLF) et la Société française des traducteurs (SFT), que de ne pas prendre part aux Rencontres de la traduction cette année », explique ce matin le commissaire général du Salon du livre de Paris, Bertrand Morisset, un brin remonté. Les deux organisations ont en effet décidé de ne pas prendre part aux Rencontres de la traduction, information dévoilée par ActuaLitté hier.

 

 

Le Salon du Livre... vide !

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Alors, oui, les Rencontres de la traduction, prévues sur deux journées pour l'édition 2014 du Salon, n'auront pas lieu, ayant été annulées depuis quelques heures. « Il n'est décemment pas possible de maintenir ces deux journées en l'absence des organisations représentant les traducteurs. Nous regrettons bien entendu de n'être pas parvenus à trouver un accord avec l'ATLF et la SFT », nous précisait le Salon. Mais son commissaire général tient à apporter quelques précisions.

 

« D'abord, je tiens à rappeler que le Salon de Paris n'est pas simplement une grande librairie, mais une plateforme qui valorise le livre auprès du grand public, et un carrefour de rencontres tant pour les professionnels, que pour l'édition à l'international. Plus de 50 pays sont présents, plus de 5000 acteurs du monde entier nous rendent visite, qui est tout à la fois un lieu de business et de culture, incontestable. »

 

Et de rappeler qu'en matière de gratuité, la manifestation fait déjà la part belle au public, puisque les personnes de moins de 18 ans et les étudiants de moins de 26 peuvent entrer gratuitement - de même que les professionnels, accrédités. « Contrairement à toutes les autres foires du livre ! »

 

L'introduction achevée, passons aux choses sérieuses : pourquoi avoir décidé d'organiser deux journées, consacrées à la traduction, des journées professionnelles, et de les avoir rendues payantes ? 

 

Trois années d'une opération sans équilibre financier

 

« Depuis 2011, et durant trois années, nous avons donné une voix aux traducteurs, qui n'en avaient plus au Salon du Livre. À l'initiative de Reed et du SNE, cette journée avait été créée, et le Salon en assurait la réalisation, dans un financement paritaire avec le Centre national du livre. C'est ainsi que les journées des éditions précédentes ont pu se tenir. » C'est que, dans la mesure où`le financement par le CNL n'était pas acquis pour cette édition 2014, le Salon, société privée, ne pouvait pas s'offrir le luxe d'une nouvelle année à fonds perdu. « Le Salon ne vit pas de subsides publics : nous avons engagé, en trois ans, plus de 30.000 € dans cette journée, et nous souhaitions, cette année, parvenir à un équilibre financier », rappelle Bertrand Morisset. 

 

Concrètement, le prix demandé aux traducteurs était de 49 €, avec une offre de chèque voyage de 30 €, et un buffet gracieusement proposé durant deux les jours. « Nous pouvions organiser bien plus de tables rondes en deux journées qu'en une seule, et aborder de nombreux sujets, comme la traduction de bandes dessinées, les relations internationales, ou la place de la traduction dans les oeuvres audiovisuelles. On verra alors en 2015 comment trouver des partenaires et des soutiens pour assurer le renouvellement de ces journées professionnelles. » 

 

La journée du samedi sera tout de même consacrée à la traduction, avec le pays invité d'honneur, l'Argentine, qui présentera la campagne SUR (prononcer 'sour'), portée par le ministère des Affaires étrangères, et qui développe à travers le pays, et dans l'Amérique latine, différentes actions de promotion autour de la lecture. On déplore tout de même, dans les allées du Salon, que certaines manifestations dans le Sud de la France, ou dans d'autres pays, et qui sont payantes, voient les frais pris en charge par des organismes de formation, au moins pour partie. 

 

Le président du Centre national du Livre, Vincent Monadé, précise pour sa part « ne pas avoir à intervenir dans les négociations commerciales qui peuvent intervenir entre le Salon et ses partenaires, ni commenter les choix commerciaux de M. Morisset ».