Rendre accessible la lecture aux enfants issus des quartiers défavorisés

Orianne Vialo - 02.08.2016

Edition - International - distributeurs automatiques livres - JetBlue always livres - livres quartiers défavorisés


Dans certaines régions du monde, l’accès à la lecture pour les enfants est très compromis. The American Library Association (ALA) a trouvé le bon filon en créant la journée nationale du bibliobus aux États-Unis, en amassant des fonds au bénéfice d’organisations qui apportent des livres aux associations défavorisées. La compagnie aérienne JetBlue Airways a, elle, disposé un distributeur de livres dans un quartier défavorisé de Washington D.C. (États-Unis), pour que les enfants reçoivent des ouvrages sans débourser un centime.

 

(Domaine public)

 

 

Les distributeurs de livres, un concept original très en vogue aux États-Unis a déjà permis à des milliers d’enfants venant de quartiers défavorisés d’avoir accès plus facilement à la lecture, notamment dans des quartiers où les bibliothèques et les librairies viennent à manquer. 

 

Lancée il y a six ans cette année, l’opération Soar with Reading program de la compagnie aérienne JetBlue Airways propose un service complet : elle permet de promouvoir l’alphabétisation tout en donnant la possibilité à des milliers d’enfants d’avoir gratuitement accès à des livres. Les parents peuvent être tenus au courant des disponibilités grâce aux textos que leur envoie l’organisme, lorsque les machines sont réapprovisionnées en ouvrages. 

 

Susan Neuman, professeure d’éducation et spécialiste en alphabétisation à New York, a travaillé sur le projet : « Nous voulions que les habitants puissent avoir des livres dans leur quartier. Même dans une zone dépourvue en librairies, les familles achètent souvent des livres dans les pharmacies, dans les supermarchés. » À noter que dans le quartier d’Anacostia, on ne compte qu’un livre pour les 830 résidents. 

 

Cette professeure, et sa collègue Naomi Molland, une professeure adjointe du Columbia’s Teachers College, ont d’ailleurs publié une étude dans le journal Urban Education concernant le problème du manque de points de vente de livres dans les quartiers défavorisés. En analysant ces quartiers à Los Angeles, Detroit et Washington D.C. — où plus de 40 % de la population vivait sous le seuil de pauvreté —, elles ont remarqué que les quartiers où les habitants avaient un revenu moyen, possédaient seize fois plus de livres par enfant que les enfants issus des quartiers défavorisés. 

 

C’est sans surprise que les deux professeures ont remarqué que seuls cinq livres dédiés aux enfants étaient vendus à Anacostia — où 61 % des enfants vivent dans la pauvreté. Dans le quartier de Capitol Hill, à Washington D.C., 21 % enfants vivent dans la pauvreté et pourtant ils ont accès à 2 000 ouvrages différents, dont 700 sont consacrés aux enfants n’ayant pas encore l’âge d’aller à l’école. (via Science of us)

 

Une initiative très appréciée 

 

C’est pour cette raison que les distributeurs automatiques d’ouvrages remportent un vif succès. Les enfants peuvent ainsi lire tout en restant à proximité de leur quartier, et se procurer des ouvrages gratuitement, sans incidence sur le budget familial. Cette année, la machine est située à l’église Matthews Memorial Baptist Church, dans le quartier de Southeast.

 

La femme du pasteur, Shelley Hudson expliquait à dcist que les parents apprécient le concept, car il permet aux enfants de choisir par eux-mêmes, et très facilement, les ouvrages qu’ils allaient lire. 


D’ailleurs, d’après la porte-parole de la compagnie BlueJet, depuis le début du programme au début du mois dernier, 1000 livres ont déjà été distribués aux enfants du quartier d’Anacostia. 

 

Un concept repris aux quatre coins du monde

 

À Toronto, la bouquinerie Paw The Monkey a repris le concept. Son Biblio-Mat, très apprécié du public, a été inventé par Craig Small, dans le but de promouvoir la découverte de nouveaux ouvrages. Car, à l’inverse de ses pairs, ce modèle-ci ne propose que des livres choisis aléatoirement par la machine, pour la somme de 2 $.

 

À l’autre bout du monde, à Singapour, la librairie BooksActually a mis en place deux Book Machines, déposées au National Muséum of Singapore et au Singapore Visitor Centre. Une troisième machine sera quant à elle placée au Goodman Arts Centre dans le courant du mois. Au total, ce sont près de 150 exemplaires de 22 titres qui sont proposés au public. Là aussi, le constat est le même : Singapour manque de librairies et de points de vente. Ce système permet donc de répondre à un besoin réel, et à une demande de la population, à l’image de la situation aux États-Unis. 

 

Plus près de nous, la manifestation nationale Partir en livre offre depuis deux ans, et durant quinze jours, une mulitude de manifestations où la lecture est l'objet central. L'édition 2016 vient juste de s'achever avec plus de 500.000 participants.