Rentrée littéraire 2014 : Ventes en baisse pour la fiction moderne

Antoine Oury - 31.10.2014

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Mauvais cru pour la rentrée littéraire 2014, selon les chiffres partagés aujourd'hui par l'institut GfK. Certes, les prix littéraires n'ont pas encore été remis, à l'exception de celui de l'Académie française, à Adrien Bosc. Pour le reste, si l'on considère la période qui s'étend entre mi-août et mi-octobre, on constate une baisse des ventes significative.

 


Emmanuel Carrère - Livre sur la Place 2014

Emmanuel Carrère, au Livre sur la Place, à Nancy (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

En comparant 2014 et 2013, le verdict est sans appel : pour 2014, les ventes s'élèvent à 1,1 million d'exemplaires, soit 21,4 millions € de chiffre d'affaires. L'année précédente, la même période se soldait par 1,15 million d'exemplaires, soit 22,3 millions € de chiffre d'affaires. Une baisse de 4,3 % des exemplaires vendus, et de 4 % du chiffre d'affaires.

 

607 titres sont sortis sur la période, et GfK note que celle-ci est un des piliers de l'édition française, avec une « offre très large [et] une distribution diversifiée ». 

 

 

 

 

 

Dans le détail des ventes, GfK note avec justesse que les habitués de la rentrée tirent leur épingle du jeu : Carrère, Nothomb, Foenkinos, Delacourt, Reinhardt, Beigbeder prennent les meilleures places, visiblement sans difficultés. L'institut note l'entrée de Philipp Meyer, avec Le fils, et ajoutons James Salter, avec Et rien d'autre.

 

Le tableau et les données de GfK ne prennent en compte que les titres classés en « Fiction moderne », mais Laurent Donzel, directeur des marchés de l'Entertainment chez GfK, note tout de même : « Le chiffre d'affaires généré par les titres de rentrée littéraire représente en moyenne 18 % de la valeur annuelle du segment Fiction moderne grand format et entre 2 et 2,5 % du chiffre d'affaires annuel du marché du livre. »

 

L'institut consacre également quelques lignes au format numérique, qui pour les 10 premières places, « s'échelonne entre 4,3 % et 9,2 %, avec une moyenne de 5 % en 2014 quand elle était de 4,5 % en 2013 ». Reste à voir si ce pourcentage aurait été plus élevé sans le phénomène du piratage, qui suit maintenant avec une rapidité, et parfois même une anticipation, les grands événements littéraires.

 

« À titre de comparaison, le dématérialisé peut atteindre 15 à 20 % des ventes totales des plus gros best-sellers (fiction ou essais) voire même dépasser les 50 % pour certains titres de littérature de genre comme la romance, la littérature érotique, la science-fiction ou encore le roman policier », précise GfK.

 

Bien entendu, ce bilan en demie-teinte est à relativiser : d'abord, l'effet « Prix littéraires » ne s'est pas encore fait sentir, et il génère « des coefficients multiplicateurs allant de 1,5 à 11 » sur les ventes, assure GfK. De plus, les chiffres ne prennent pas en compte les autres événements de l'édition, à savoir les livres de Valérie Trierweiler et d'Éric Zemmour. De là à assurer que les lecteurs auront préféré acheter ces deux derniers plutôt qu'un titre de fiction moderne, il y a un fossé difficile à franchir.

 

GfK note également les effets du Prix Nobel sur les ventes du dernier Modiano, sans l'inclure dans son classement : « Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier, paru il y a 1 mois, s'est déjà vendu à 88.000 exemplaires contre 68.000 en moyenne pour chacun de ses deux romans précédents. » Quand Jean-Marie Gustave Le Clézio avait reçu le prix, ses ventes avaient été multipliées par 6 sur l'année suivante, rappelle GfK, tous titres confondus.