Rentrée sociale mouvementée du côté des correcteurs de l'édition

Antoine Oury - 04.01.2018

Edition - Les maisons - correcteurs édition - lecteurs correcteurs - statut correcteurs


Le rendez-vous était pris : le 9 janvier prochain, les lecteurs-correcteurs de l'édition manifesteront devant le fief du syndicat patronal du secteur, le Syndicat national de l'édition, à Paris. Depuis plusieurs mois, la profession dénonce un statut précaire et des conditions de travail de plus en plus difficiles. En attendant le 9 janvier, deux députés viennent d'ouvrir le débat à l'Assemblée nationale, avec des questions écrites posées à Françoise Nyssen, ministre de la Culture et... ex-éditrice.


Prix Goncourt 2016
Les lecteurs-correcteurs en manifestation lors de la remise du Prix Goncourt 2016
(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)
 

Fin octobre 2017, les lecteurs-correcteurs de l'édition française se réjouissaient de l'ouverture des négociations autour de leur statut et de leurs conditions de travail, régis par l'annexe IV de la convention de l'édition française. Mais les discussions ont tourné court : en décembre, les lecteurs-correcteurs annonçaient un rassemblement devant le siège de l'édition française, devant les bureaux du Syndicat national de l'édition.

 

« Quelques miettes nous ont été proposées, rions (jaune) un peu : nous aurions enfin un contrat de travail écrit, comme tous les salariés ; le droit d'être payées pendant une formation, comme tous les salariés ; nous pourrions enfin toucher des indemnités journalières en cas d'arrêt de travail. Nous partons de si loin », soulignaient les représentants de la profession, qui ont multiplié les actions pour se faire entendre ces derniers mois.

 

Dans leur bataille, les lecteurs-correcteurs ont vu débouler deux alliés : Michel Larive, député La France insoumise de l'Ariège, et Valérie Beauvais, députée Les Républicains de la Marne. Tous deux ont adressé une question écrite à Françoise Nyssen, ministre de la Culture, pour l'interpeller sur les conditions de travail des lecteurs-correcteurs.

 

« Il est temps d'enrayer le système actuel qui précarise nos correcteurs et correctrices afin de leur donner les conditions de travail qu'ils méritent et auxquelles ils aspirent », déclare tout de go Michel Larive, tandis que sa collègue Valérie Beauvais assure qu'il est temps de « mettre un terme à cette injustice de traitement et de faire en sorte de valoriser ce métier, vecteur essentiel de l'exception culturelle française ».

 

Si la profession de correcteur dans l'édition reste méconnue, le consensus autour de l'importance de leur travail reste d'actualité : il y a quelques mois, L'Humanité et Le Figaro appelaient tous deux à signer une pétition pour défendre le métier de correcteur, et c'est une sorte de match retour qui se joue à présent à l'Assemblée nationale.

 

Quant à Françoise Nyssen, sa position dans ce dossier est plus que délicate : déjà sollicitée en mai dernier par les lecteurs-correcteurs, la ministre de la Culture leur avait répondu dans L'Obs, au cours d'un entretien. Une démarche jugée « cavalière » et pas vraiment respectueuse, d'autant plus qu'en tant qu'ancienne éditrice, Nyssen connaît les attentes et les difficultés de la profession. « Il faut absolument que le Syndicat national de l'édition dialogue avec les correcteurs et qu'ils trouvent, ensemble, une solution digne et viable », indiquait simplement la ministre alors récemment nommée.

 

Correcteurs précaires : une démarche « cavalière »
de Françoise Nyssen

 

Sa réponse soulevait, en fait, d'autres questions : pourquoi rappeler le dialogue avec le SNE, alors que les lecteurs-correcteurs indiquaient que celui-ci patinait ? Et Françoise Nyssen avait beau jeu de mettre en avant le Bureau du SNE, dont elle faisait encore partie quelques semaines auparavant, soulignaient certains observateurs... Enfin, le groupe Actes Sud lui-même ne fait pas vraiment partie des bons élèves, en matière de traitement des correcteurs, ajoutaient certains.

Les voeux du Syndicat national de l'édition se dérouleront le 11 janvier, mais les réjouissances commenceront dès le 9, visiblement...




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