France Culture ne renoncera pas à la poésie

Nicolas Gary - 09.08.2015

Edition - Société - France culture - radio émissions - service public


Mi-juin, nous apprenions la disparition de deux émissions de France Culture, consacrées à la poésie. Une décision du directeur de la radio, Olivier Poivre d’Arvor, particulièrement contestée. Sophie Nauleau et son programme, Ça rime à quoi, sacrifiés sur l’autel de l’audimat ? Presque inimaginable.

 

Olivier Poivre d'Arvor et Dominique Bona - Livre sur la Place 2014

ActuaLitté CC BY SA 2.0

 

 

Jean-Pierre Siméon, directeur artistique du Printemps des poètes, prenait la plume pour demander des explications. L’exception que représentait France Culture, devait-elle se retrouver sacrifiée ? Puisque ce temps poétique relevait également d’un devoir, pour le service public, « étant donné l’exclusion dont pâtit la production éditoriale poétique dans les lieux uniquement régis par la loi de l’audimat ».

 

S’adressant directement à OPdA, le directeur du Printemps réclamait le retour de la poésie sur les ondes, et que l’antenne se batte, comme d’autres, « pour maintenir une place à la poésie dans l’espace public ».  

 

Deux pétitions avaient rapidement fusé du net pour réclamer que le directeur change d’avis. André Velter, poète et directeur de la collection Poésie/Gallimard, l’expliquait à ActuaLitté : « Ce sont d’ailleurs des économies à très courtes vues, qui sont le fait de politiciens déboussolés et qui ne savent plus à quel populisme se vouer. » 

 

Et d’ajouter : « Sans doute [...] il faut, consciemment ou non, donner des gages à l’amnésie programmée. C’est partout le même rideau de fumée : “Les Lumières” en option au collège, la poésie en option sur France Culture ! On annonce un saupoudrage de poèmes dits par des comédiens et des sessions de rattrapage pendant les vacances d’été… »

 

Le fait est que OPdA a pris le temps de répondre aux attentes et inquiétudes de chacun.

 

La poésie est et restera, sur notre chaîne de service public, un élément déterminant de notre cahier des charges. Plus que jamais, comme notre programmation le démontre.

En lieu et place du magazine de 30 minutes Ça rime à quoi, c’est désormais un nouveau magazine d’information, de réflexion et de création d’une heure Poésie et ainsi de suite, produit par Manou Farine, qui rendra compte de l’actualité de la production éditoriale poétique. Il sera programmé de manière hebdomadaire, dans la tranche des Ateliers de la création, soit le vendredi de 23 h à 24 h, tranche particulièrement suivie par nos auditeurs. Il permettra évidemment d’entendre la voix des poètes d’aujourd’hui, notamment à partir d’entretiens.

Par ailleurs, comme j’ai déjà eu l’occasion de vous le dire, tous les jours de septembre à juin, un nouveau rendez-vous est désormais créé dans la grille de la station : une lecture de quelques minutes par Jacques Bonnaffé d’un poète contemporain, soit 44 poètes en un an. L’horaire (l’après-midi) sera fixé très prochainement. Par ailleurs, pendant la grille d’été 2016, nous pourrons réentendre ces lectures.

Comme vous le voyez, la poésie trouvera à cette rentrée dans l’espace public de la radio une place plus importante et contentera de nombreux auditeurs.

Je vous serais reconnaissant de bien vouloir porter à la connaissance de toutes celles et ceux qui font vivre aujourd’hui la poésie cette nouvelle programmation.

 

 

Déclaration sincère et certainement suivie de faits, si OPdA n’avait pas été licencié voilà à peine un mois, sur la volonté du PDG de Radio France, Mathieu Galet. Ce dernier avait reproché à OPdA, ses entretiens dans la presse, interventions réalisées « sans son visa » et qui concernaient le projet du PDG « pour Radio France que je qualifiais “d’uniquement construit sur une logique budgétaire et comptable” ».

 

La suite de la poésie sur France Culture s’écrira-t-elle en vers et contre tous ?