Réponse à Hachette sur la pertinence de l'édition traditionnelle

Clément Solym - 12.12.2011

Edition - Société - Hachette - pertinence - éditeurs


La semaine dernière un document interne de Hachette fuitait. Dans ce document l'éditeur expliquait en quoi son activité était encore pertinente. Et plus généralement en quoi l'édition traditionnelle (par opposition à l'auto-édition numérique) était tout aussi pertinente.

 

Dans ce document, l'éditeur mettait en avant quatre points importants : il trouve et nourrit les futurs talents, il apporte des fonds à l'auteur pour qu'il puisse écrire tranquillement, il assure la plus large audience possible, il construit la marque de l'auteur et protège ses droits.

 

 

Dans un billet sur son blog Joe Konrath (auteur populaire de romans de suspens et d'horreur qui a été édité par des éditeurs traditionnels et en auto-édition via Amazon) reprend et démonte point par point le document de Hachette. Il est aidé dans cette tâche par un autre écrivain Barry Eisler, et les deux font preuve de beaucoup de cynisme et d'ironie. Pour eux, ce document est plein de mensonges et son existence indique clairement qu'il y a un problème du côté de l'édition traditionnelle.

 

Un petit ratage ?

 

Les auteurs affirment que les éditeurs seraient passés à côté de pas mal de talents et ne les nourriraient pas correctement en ne leur reversant que 17,5 % (contre 70 % chez Amazon) des revenus de leurs ouvrages (et se prenant donc 52,5 %). D'autre part, ils estiment que les maisons ne fournissent pas d'avances suffisantes pour que les auteurs puissent écrire tranquillement - à l'exception de quelques auteurs de best-seller.

 

Ils concèdent tout de même que les éditeurs traditionnels permettent de toucher plus de lecteurs en ce qui concerne l'édition papier. Cela dit, les maisons ne feraient pas assez bien la promotion des auteurs et ne sont absolument d'aucune utilité en ce qui concerne l'édition numérique. Voire même, les éditeurs traditionnels auraient une influence négative avec des prix trop élevés dans le numérique et des sorties bien trop tardives. Tout cela afin de préserver les ventes papier, estiment Konrath et Eisler).

 

Protéger au DRM (et pas des DRM)

 

Enfin en ce qui concerne la construction de la marque de l'auteur, ils ont simplement relevé que des auteurs comme Stephen King n'ont pas perdu leurs lecteurs en changeant d'éditeur et ont insisté sur le fait que la campagne de promotion des éditeurs n'était pas suffisante. Quant à protéger les droits des auteurs, il s'agirait surtout pour les éditeurs de mettre des DRM ce que les lecteurs détestent et qui n'aurait aucun effet sur le piratage. Au contraire, cela ferait plutôt baisser les ventes.

 

Konrat ajoute aussi que lui-même était largement piraté, sans que ça l'empêche de gagner très correctement sa vie.

 

Ils ont enfin établi en plusieurs points ce que les éditeurs traditionnels devraient faire pour être effectivement pertinents : « Donner plus de royalties aux auteurs », « sortir les titres plus vite », mettre au point un système de surveillance des ventes accessible aux auteurs et « verser des royalties tous les mois », « baisser les prix des ebooks », « arrêter de se battre futilement contre le piratage », « Commencer à réellement faire de la promotion » et enfin proposer aux auteurs des contrats plus compréhensibles.

 

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