Reprise de De Borée : les salariés se tournent vers le groupe La Montagne

Clément Solym - 11.12.2015

Edition - Justice - groupe Borée - tribunal commerce - Clermont Ferrand


Le redressement judiciaire du groupe De Borée, annoncé fin septembre, était hier devant le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand. Si cinq repreneurs s‘étaient manifestés pour la reprise des trois entités (De Borée Éditions, Distribution et Notus), seuls trois se sont présentés au juge ce 10 décembre pour l’audience. 

 

statue du pape Urbain II &cathédrale, place de la Victoire(CLERMONT-FERRAND,FR63)

Cathédrale de Clermont-Ferrand - Jean-Louis Zimmermann, CC BY 2.0

 

 

Sofiadis (Société française indépendante et alternative de distribution), Révolution 9 et La Montagne ont ainsi formulé chacun leur offre, soutenant les dossiers devant le juge. « Le tribunal a demandé à toutes les personnes présentes et concernées de donner son avis sur les projets. Il y a eu une audience séparée pour chacune des sociétés », nous précise une représentante du personnel de De Borée, jointe par téléphone.

 

S’il faudra attendre le 18 décembre pour le jugement final, c’est pleinement vers La Montagne CentreFrance que les actuels salariés se sont tournés. « C’est un acteur très important dans la région, à l’écoute de ses lecteurs, qui réclament aujourd’hui plus que la presse. Il ouvrirait des perspectives fortes pour De Borée, notamment parce que La Montagne dispose d’un fonds éditorial et d’archives importantes. Cela permettrait notamment de développer au mieux la branche Beaux livres », précise-t-on.

 

La Montagne, groupe de presse, se porterait alors acquéreur de l’ensemble des trois sociétés, et a remporté l’adhésion des représentants du personnel. « Non seulement leur offre est tout à fait pertinente, mais elle repose sur une situation financière saine. Celle de Sofiadis était tout aussi sérieuse, mais donnait l’impression d’avoir une assise financière moindre. »

 

Quant à Révolution 9, apparu très tardivement dans les négociations, il ne manque pas d’inspirer « une certaine méfiance, en dépit de leurs tentatives pour rassurer sur leur projet ». 

 

« Les représentants du groupe R9 venus présenter leur projet n’avaient pas de réponses précises à fournir. On avait du mal à croire ce qu’ils annonçaient », nous expliquait un salarié la semaine passée. Au sein du personnel, on redoutait surtout que le stock de 1,7 million de livres soit revendu « à des soldeurs, avant de balayer le tout ». 

 

Au cours de l’audience, « le tribunal a très bien compris l’opposition des salariés à l’offre de Révolution 9. Nous lui avions fait parvenir une pétition, signée par 59 des 65 salariés, pour exprimer notre vive inquiétude devant ce repreneur ». Gérald Layani, président de De Borée, n’a pas pu être contacté. « On a le sentiment qu'il s'est mis en retrait », observe un proche du dossier.

 

La période est délicate pour la maison De Borée. Mi-septembre, on apprenait que la comptable de la structure avait été reconnue coupable de détournement de fonds, à la hauteur de 230.000 €. Le tribunal de Clermont-Ferrand s’était prononcé sur le cas de l’employée, avec une peine de 3 années de prison et 5 mois de sursis – accompagnée de l’interdiction d’exercer dans le secteur de la comptabilité.

 

À retrouver, le reportage de France 3 Auvergne.

 


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