Reprise du marché du livre : la "qualité de l'offre" paye

Antoine Oury - 16.10.2015

Edition - Les maisons - édition SNE - marché du livre - reprise ventes


Dès l'été 2014, les premiers signes d'une reprise du marché du livre se faisaient sentir. Un peu plus d'un an plus tard, les effets sont là, et le secteur s'accorde autour d'un redressement : selon Christine de Mazières, déléguée générale du Syndicat National de l'Édition (SNE), la qualité de l'offre et la confiance des Français dans le livre ont porté leurs fruits.

 

Frankfurt Buchmesse 2015

Dans les allées de la Foire de Francfort, jeudi soir (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

La reprise du marché du livre est désormais officielle : 3,2 % à la mi-2015, d'après des chiffres Livres Hebdo révélés lors de la Foire de Francfort. « Ce qui est intéressant », remarque d'emblée Christine de Mazières, « c'est l'écart avec le commerce de détail, qui est plutôt à la baisse. Cela signifie que les gens ont acheté plus de livres, alors que l'on observe un mouvement d'épargne, ou une certaine prudence économique. »

 

Par rapport à ce chiffre, à la mi-2015, Antoine Gallimard appelait tout de même à la prudence : « Pour savoir s'il y a vraiment une reprise du marché du livre, il faudrait avant tout isoler les best-sellers du reste de la production », précisait-il, tout en admettant que « 2015 sera une bonne année ».

 

Le Noël 2014 avait déjà été particulièrement satisfaisant : « Le livre reste le premier cadeau de Noël, offrir un livre reste très personnel, il s'agit d'un présent qui exprime beaucoup de soin envers la personne, et qui bénéficie d'un bon rapport qualité-prix. » D'ailleurs, l'étude traditionnelle de PriceMinister après les fêtes de Noël l'affirme : le livre fait partie des cadeaux les moins facilement revendus. Une autre étude, celle de TNS Sofres/eBay, répliquait l'inverse : livres et BD seraient les plus présents sur la plateforme après Noël. Mais, dans tous les cas, la première vente a bien eu lieu. 

 

Le contexte particulier de 2015 a également joué sur ces ventes, selon Christine de Mazières : « Le contexte politique et les attentats de janvier ont contribué à porter ce mouvement : le débat autour du meurtre d'individus pour ce qu'ils ont dessiné ou écrit a suscité beaucoup de questions, et les gens sont allés vers les librairies ou les kiosques. Il y a eu un retour vers l'écrit, l'écrit publié, de qualité », note la déléguée générale du SNE.

 

« À titre personnel, je pense que la qualité de l'offre a vraiment joué : de bons livres ont été publiés, qui correspondaient aux attentes des lecteurs », ajoute-t-elle. « Le travail éditorial, la sélection, la garantie de qualité apportée par l'éditeur sont reconnus, comme le montrait une étude publiée en 2014 sur les Français et la lecture : le livre devançait de très loin la presse quotidienne, la télévision ou Internet pour le degré de confiance accordé. » Malgré les quelques accrocs occasionnels : tout le monde peut se tromper, même un manuel scolaire.

 

En somme, la profession a parfaitement assumé ses missions, celles là même qui font que le métier d'éditeur reste en sécurité face à l'autoédition, d'après Arnaud Nourry, PDG de Hachette Livre, à Francfort. « L'autopublication est l'inverse de notre métier », a-t-il souligné, « Je ne me sens pas en danger, et cela ne va pas changer mon métier. »




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