“Résistance culturelle” : 46 auteurs réunis autour d'un roman collaboratif

Nicolas Gary - 09.05.2020

Edition - International - roman collaboratif internet - auteurs résistance culturelle - Bouc imaginaire. 


Pour aucun d’eux la solution consistant à stagner sur un canapé ne fut une option. Voici comment 46 écrivains et artistes graphiques se sont associés pour la rédaction d’un roman collectif. « Un projet commun de résistance culturelle », expliquent-ils, qui compte également 46 traducteurs pour le rendre accessible au plus grand nombre.


 

Le principe résidait dans la ténacité, la régularité : chaque jour, un écrivain publiait un chapitre, à 12 h. Et avec lui, un plasticien pour occuper visuellement l’espace de la page. « Malgré l’apocalypse actuelle, nous voulons démontrer que nous sommes toujours là, en contact avec le public. »

Un travail sans filet de sécurité, débarrassé du temps de l’édition, du travail sur les textes : une matière brutale, où perdre l’équilibre menaçait à chaque journée. « Pour l’instant, nous souhaitons offrir une évasion, dans une respiration. Et un jour, dès que cette pandémie sera achevée, recommencer à respirer librement. Lorsque le monde rouvrira, nous serons là pour vous recevoir à bras ouverts. »

Bode Inspiratório, est un projet original qui a vu le jour en portugais, mais rapidement, il a été traduit – en français notamment par Joana Cabral (traducteur de Catarina Sobral et Madalena Moniz, pour deux livres d’Helium), avec l’aide de Françoise Bourchenin – membre du collectif de traducteurs Art Sapiens.

Tout a été publié sur Facebook, repris sur un site en anglais, Escape Goat. Et les traductions produites en espagnol, allemand ou encore italien. 

Un moyen de triompher des frontières, estime Mário de Carvalho, qui signa le tout premier texte, Bouc imaginaire. 


 
Le 46e chapitre, Éloge de la caverne, peut être consulté à cette adresse.


Commentaires
J'avoue que j'ai un peu de mal avec ces trucs publiés à la va-vite.



Un manuscrit, que ce soit un chapitre, une nouvelle ou un roman, ça s'écrit en plusieurs étapes. Il existe une étape indispensable qui est celle du repos, celle où l'esprit prend de la distance avec le texte avant de pouvoir s'y replonger, frais et dispos, avec un œil neuf, prêt à « couper ses chéries », malaxer, façonner et affûter le texte afin qu'il soit présentable, c'est-à-dire lu par une première élite (relecteur, éditeur, correcteur) avant d'entrer dans l'étape finale avec ce dernier groupe d'élus qui apporteront conseils et corrections.



Comment croire qu'un texte écrit en 24h puisse avoir la qualité (littéraire ?) suffisante afin d'être publié ? C'est laisser croire à une myriade de gens que le métier d'écrivain consiste à « pisser le premier jet en quelques minutes ».
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