Retour des manuscrits de Kafka, "victoire pour le peuple d'Israël"

Clément Solym - 15.10.2012

Edition - International - Franz Kafka - Archives - Max Brod


Ce dimanche, un tribunal israélien a rendu son verdict dans le cadre de l'affaire qui opposait plusieurs prétendants à l'héritage des archives de l'écrivain Max Brod, collection contenant notamment des textes inédits de Franz Kafka (voir notre actualitté). Après quatre décennies cachés dans un appartement de Tel-Aviv, les documents évalués à plusieurs millions de dollars sont finalement transférés à la Bibliothèque nationale d'Israël et devraient être rendus accessibles au public. 

 

 

Ces archives inédites se sont dernièrement trouvées en possession d'Eva Hoffe et de Ruth Wiesler. Les deux soeurs se sont battues pendant quatre ans devant les tribunaux, en arguant que la collection était un héritage de leur mère. Esther Hoffe, n'était autre que la secrétaire de Max Brod, ami et exécuteur testamentaire du célèbre Pragois.

 

Franz Kafka aurait demandé à Max Brod de brûler tous ses écrits après sa mort. Mais lorsque celle-ci survint en 1924, la requête de l'écrivain ne fut pas respectée par son exécuteur testamentaire. Tandis que la Tchécoslovaquie se faisait envahir par l'Allemagne nazie, en 1939, Max Brod immigra en Palestine, emportant avec lui des manuscrits, qu'il légua ensuite à sa secrétaire.

 

Selon son propre testament, Max Brod stipulait néanmoins que la majeure partie des documents qu'il avait légués à Esther Hoffe devaient être remis à des archives publiques et leur contenu dévoilé aux lecteurs. La collection comporterait également des écrits de Max Brod qui pourraient nourrir la recherche sur la vie de Franz Kafka à Prague.

 

La secrétaire, décédée en 2007, partagea finalement cette succession entre ses deux filles qui elles-mêmes ont soutenu que leur mère pouvait en disposer selon son bon vouloir. L'État d'Israël quant à lui a contesté ce leg en prétextant que les écrits de l'écrivain devaient intégrer le domaine public du pays. 

 

Par ailleurs, Mme Hoffe a vendu le manuscrit original du Procès aux Archives nationales allemandes, le document est également réclamé par la justice israélienne. D'autres pièces de ces archives ont été acquises par des collectionneurs, et le reste se trouve à l'ombre de coffres bancaires répartis entre Tel-Aviv et Zurich.

 

Le conservateur des archives du judaïsme de la Bibliothèque nationale, Aviad Stollman, a déclaré devant Reuters : « C'est une victoire pour le peuple d'Israël. [...] Ces écrits ont été enfermés à double tour pendant plus de 40 ans et vont être enfin révélés et accessibles à tous. »