Retraite des auteurs : le président du RAAP veut apaiser les craintes

Cécile Mazin - 12.06.2014

Edition - Société - réforme retraite - auteurs cotisations - RAPP président


Dans une tentative, nous explique-t-on, pour apaiser les protestations des auteurs, devant la réforme de cotisation retraite à venir, le directeur du RAAP, Régime de retraite complémentaire des artistes auteurs professionnels, vient de faire parvenir un courrier aux adhérentes et adhérents, et néanmoins consoeurs et confrères. 

 

Dessin par James

 

« Soyez assurés que malgré les contraintes réglementaires qui pèsent sur nos régimes de retraite, l'ensemble des auteurs composant le conseil d'administration du RAAP et de l'IRCEC, se sont toujours attachés à défendre les intérêts de leurs pairs, actifs ou retraités », précise le président Frédéric Buxin. « Cette réforme devrait s'appliquer uniquement à partir de 2016, ce qui nous laisse le temps d'échanger avec vous directement et avec les organisations professionnelles afin d'étudier les aménagements qui pourront être proposés. »

 

Certains éléments ont déjà été négociés avec les pouvoirs publics, souligne-t-il, et il promet de n'assommer personnes avec des « cotisations sociales trop élevées », sans pour autant rogner sur le montant de la retraite à percevoir. « Nous travaillons également à essayer de trouver d'autres sources de financement pour nos retraites et ne pas dépendre uniquement de la contribution des auteurs qui ne bénéficient pas de part patronale. »

 

Pour tranquilisant qu'il soit, le courrier ne semble pas avoir ému les auteurs, premiers concernés ; plutôt les avoir agacés un peu. Ces derniers avaient d'ailleurs interpellé la ministre, en début de semaine, pour lui faire part de leurs préoccupations sur le sujet. Aurélie Filippetti a pour sa part assuré qu'elle réfléchissait à des solutions pour eux.

 

 
 

Ce qui est intéressant, c'est que le SNAC BD, à l'origine d'une lettre ouverte à la ministre de la Culture avait rencontré la semaine passé Frédéric Buxin et Dominique Le Brun, membre titulaire du conseil d'administration. 

Nous leur avons exprimé la difficulté que va représenter pour les auteurs de verser en 2016 une cotisation de 8%, ceci, dans une période de crise et de baisse généralisée des revenus d'auteurs.

Nous leur avons dit qu'en matière de communication et de débat sur une réforme aussi profonde du régime, ils ne pouvaient se satisfaire d'échanges feutrés avec les sociétés de gestion. Il fallait également dialoguer avec toutes les organisations d'auteurs et d'artistes afin d'établir ensemble un projet de réforme qui aille dans le sens d'un réel progrès social.

À tous ces arguments, Messieurs Buxin et Le Brun, nous ont répondu fort aimablement, qu'il était dans leur devoir de mener cette réforme auss impopulaire soit-elle, qu'« il fallait parfois savoir faire le bien des auteurs contre leur volonté ».

 

Et la semaine passée, donc, les deux représentants des auteurs assuraient  « n'attendre plus que le feu vert du ministère des Affaires sociales pour lancer la réforme en l'état ».

  

Cette nouvelle intervention du président ne semble pas avoir vraiment réussi à rassurer les concernés...