Retraites : une "politique d'austérité" imposée au service public

Antoine Oury - 10.09.2013

Edition - Bibliothèques - réforme des retraites - service public - Bibliothèque nationale de France


La mobilisation générale contre la réforme des retraites a rassemblé plusieurs milliers de salariés, étudiants et autres manifestants à Paris, place de la République, et dans toute la France. Dans le cortège, de nombreux fonctionnaires dénoncent, outre le projet de loi visé, une dégradation des conditions de travail qui impacte fortement sur la qualité du service public proposé aux citoyens.

 


Place de la République, vers 15 heures cet après-midi

 

 

Pour certains, la mobilisation est en-dessous des attentes, pour d'autres, elle prélude de beaux rassemblements, à quelques jours seulement de la rentrée. Une question d'état d'esprit, alors que la politique du gouvernement laisse une impression de déception dans les rangs du cortège, où circulent de nombreuses comparaisons avec la direction prise pendant le quinquennat Sarkozy.

 

Une politique qui mène les établissements publics au malaise : « Alors que la BnF est actuellement fermée comme chaque année, nous nous mobilisons dans le contexte général de la réforme des retraites, mais aussi contre la hausse des cotisations, de la TVA... Nos revendications concernent aussi bien l'emploi que les salaires et la retraite », explique ainsi Christophe Unger, délégué CGT à la Bibliothèque nationale de France.

 

Le gel du point d'indice, les 3 années sans augmentation malgré l'inflation ou encore la suppression de 64 postes sur l'année 2013 ont conduit les syndicats à exprimer leur « inquiétude pour 2014 ». La multiplication des emplois statutaires au détriment des titularisations ne risque pas de ralentir, notamment depuis la révélation de pistes d'optimisation pour la BnF. « Sans rentrer dans le détail, la logique qui sous-tend ces 25 pistes ne nous convainc pas, et s'apparente à une politique d'austérité appliquée à l'établissement. »

 

Quant à la filiale commerciale BnF Partenariat, elle est clairement identifiée comme un moyen de compenser les baisses de budget, mais participe finalement à la régression des services publics rendus, au même titre que « l'occupation de l'espace public » par Mk2, avec une installation dans les murs de la BnF validée par le Paquebot.

 

 

 

 

À l'autre bout du cortège, c'est un même constat qui anime les manifestants du syndicat FSU-SNASUB (Syndicat National de l'Administration Scolaire Universitaire et des Bibliothèques) : « D'autres choix peuvent être faits », commente ainsi Matthieu Joseph de la Bibliothèque Interuniversitaire de Santé (BIU) de Paris.

 

« Nous constatons un recours de plus en plus fréquent à des moniteurs étudiants, alors même que ces derniers auraient besoin de bourses pour mener leurs études. À la place, ils travaillent de 17h à 20h pour assurer un service public », constate-t-il. « Et, en cas d'impératif pour leur cours, ils ne viennent pas, ce qui oblige une révision des plannings chronophage. »

 

Et autant de postes de contractuels, alors que des titularisations sont possibles, voire souhaitables pour assurer un service public de qualité. « Je m'exprime pour la BUI, mais la situation est la même dans les autres bibliothèques universitaires françaises » termine Matthieu Joseph.