Revenus : auteurs américains et britanniques interpellent les éditeurs

Cécile Mazin - 06.01.2016

Edition - International - contrat édition - auteurs éditeurs - britanniques américains


La Society of Authors, syndicat professionnel qui représente les auteurs britanniques, vient d’écrire aux éditeurs. C’est à travers les clauses contractuelles que la SoA veut changer la situation. Et de demander « aux éditeurs de prendre en charge leur rôle dans les revenus des auteurs, en révisant les modalités de leur contrat et le traitement des auteurs ». Hasard du calendrier, l’Authors Guild, le pendant américain de la SoA, vient de dégainer le même courrier.

 

Burning Man 2015 223; Blunderwood Portable Typewriter

Vito Fun, CC BY 2 0

 

 

Que ce soit Nicola Solomon, pour la SoA, ou chez l’AG, les revendications sont en tous points identiques : on constate une diminution des revenus des auteurs, et le pourcentage perçu sur les ventes est unanimement pointé. « Aussi voulons-nous régler le problème avant qu’il ne soit trop tard, et nous réclamons votre collaboration », assène la SoA. 

 

Des contrats inéquitables, des clauses abusives, voire des dispositions inacceptables, avec en ligne de mire le livre numérique. « Les auteurs devraient obtenir au moins 50 % du prix du livre numérique et pas simplement 25 %. » De même, les auteurs « ne devraient pas avoir les mains liées avec des contrats qui ne peuvent pas être résiliés ». 

 

Et Nicola Solomon de trancher : « Sans une réforme sérieuse du contrat, l’auteur professionnel deviendra une espèce menacée et les éditeurs – ainsi que la société plus globalement – se retrouvera avec de moins en moins d’œuvres de qualité. À moins que les éditeurs ne traitent leurs auteurs plus équitablement, le déclin du nombre d’auteurs à temps complet pourrait avoir des conséquences graves sur la qualité et la richesse des œuvres qui gouverne le succès économique et la réputation culturelle de nos industries créatives, au Royaume-Uni. » 

 

De son côté, l’Authors Guild a des arguments identiques, ajoutant que depuis 2009, les revenus des auteurs américains ont diminués de 30 %, passant de 25.000 $ à 17.500 $. Pour les auteurs britanniques, la chute est moins lourde, mais économiquement plus insoutenable. Ils perçoivent 11.000 £ alors que le revenu minimum vital est estimé à 16.850 £. D’ailleurs, seuls 11,5 % des auteurs vivent de leur travail, contre 40 % en 2005. 

 

Le modèle français, exemplaire ?

 

De son côté, la SoA a décidé de lancer une campagne, intitulée CREATOR – un acronyme pour décrire ce que le contrat d’édition équitable doit être. En sept lettres, sept points cruciaux sont évoqués, parmi lesquels une rémunération équitable, des clauses contractuelles intelligibles. 

 

On notera tout particulièrement le modèle français, cité en exemple, de Use it or Lose it : il s’agit d’une obligation d’exploitation pour chaque format de livre. En France, dans le cadre de la révision du contrat d’édition, l’obligation d’exploitation permanente et suivie touche à l’imprimé et au numérique. « Le non-respect de cette obligation permettra à l’auteur de récupérer ses droits sur l’imprimé », explique le Syndicat national de l’édition.