Révolution : Fahrenheit 451 en ebook, ou le revirement de Bradbury

Clément Solym - 30.11.2011

Edition - Les maisons - Ray Bradbury - livre numérique - avis


Voilà une nouvelle qui va plomber le réveil de Frédéric Beigbeder. L'éditeur de Ray Bradbury, Simon & Schuster, a décidé de publier une version numérique du célébrissime Fahrenheit 451.


Publié en 1953, ce livre de science-fiction présente un univers dans lequel les pompiers ont pour mission de brûler les livres. Et le 451 du titre est là pour préciser que c'est la température, en degrés Fahrenheit, à laquelle ces derniers brûlent donc.

 

Bradbury... ce géant de la littérature de SF, qui en août 2010 expliquait encore qu'il « organise régulièrement des collectes de fonds pour les bibliothèques et refuse de toucher les dispositifs de lecture comme le Kindle ».

 

Difficile de faire plus grognon comme tempérament, puisque dans la présentation du bonhomme on ajoutait que « jusqu'à ce jour, il n'a jamais utilisé un ordinateur. Il écrit sur une vieille machine IBM Selectric ou dicte ses histoires à sa fille par téléphone. Ce n'est pas tant un obstacle que l'on pourrait le croire : depuis Farenheit 451, Bradbury écrit rarement plus de deux heures par jour ».

 

Alors effectivement, ironie du sort, puisque Bradbury avait toujours résisté à l'invasion du livre numérique, qui pour lui avait « une odeur de carburant brûlé ».

 

Mais à l'âge de 91 ans, finalement, Ray a changé d'avis - ce qui prouve que l'homme n'est pas con. « C'est une occasion rare et merveilleuse de poursuivre notre relation avec cet auteur si apprécié et reconnu, et de proposer ses oeuvres à une nouvelle génération de lecteurs et dans des nouveaux formats », souligne Jonathan Karp, l'éditeur de S&S.

 

D'autres titres de Ray suivront, mais commencer par Fahrenheit 451 avait quelque chose de hautement symbolique.

 

Frédéric Beigbeder, en juin 2010, avait estimé que la numérisation des livres serait l'une des manières de brûler les livres. « On ne pratiquera peut-être pas l'autodafé (mal vu depuis les nazis) mais on cessera de les fabriquer. La plupart seront donc pilonnés pour faire place nette. Les librairies fermeront et les bibliothèques ressembleront - comme c'est déjà souvent le cas - à des cybercafés. Le roman [NdR : Farenheit 451] montrait bel et bien ce que nous sommes en train de vivre, cinquante-sept ans après. » (voir notre actualitté)

 

Depuis, il a sorti un livre pour approfondir son embryon de réflexion, et camper fermement sur ses position.

 

Eh oui, ceux qui ne changent pas d'avis...