Revue des Deux Mondes : l'“inconsistance” de l'emploi de Penelope Fillon

Antoine Oury - 29.06.2020

Edition - Justice - Penelope Fillon - revue deux mondes - fillon proces


Le tribunal correctionnel de Paris a condamné, ce lundi 29 juin, l'ancien Premier ministre François Fillon à cinq ans de prison, dont deux de prison ferme, assortis de 375.000 € d'amende et 10 ans d'inéligibilité, et Penelope Fillon, son épouse, à trois ans de prison, une amende de 375.000 euros et 2 ans d'inéligibilité. Les deux accusés ont fait appel, mais le travail de Penelope Fillon au sein de la Revue des Deux Mondes, périodique littéraire, a été qualifié d'« embauche de complaisance » par le tribunal, qui en souligne l'« inconsistance ».

un candidat à l'élection présidentielle


François et Penelope Fillon ont été reconnus coupables par le tribunal correctionnel de Paris, ce lundi 29 juin, dans l'affaire des emplois fictifs de Penelope Fillon. Début 2017, le journal Le Canard Enchaîné affirmait que Penelope Fillon avait occupé un poste d'assistante parlementaire de François Fillon, entre 1998 et 2002, puis de son suppléant Marc Joulaud, entre 2002 et 2007.

À cet emploi présumé fictif s'ajoutait une activité de collaboratrice de la Revue des Deux Mondes, entre mai 2012 et décembre 2013. Un poste tout aussi transparent, selon le Canard Enchaîné, qui n'aurait abouti que sur deux fiches de lecture. Et, pourtant, quelque 100.000 € bruts à la clé, versés par la publication...

Nathalie Gavarino, présidente de la 32e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, qui donne suite aux affaires traitées par le parquet national financier, a rapidement indiqué que « les recrutements de Madame Fillon n’obéissent à aucune logique ni en termes de montant de rémunération ni en termes des tâches effectuées, en réalité, par d’autres collaborateurs ». Autrement dit, selon la présidente, François Fillon et Marc Joulaud ont sciemment détourné des fonds publics.
 

5000 € mensuels bruts


À propos de l'emploi à La Revue des Deux Mondes, le tribunal évoque cette fois l'« inconsistance de cet emploi », rapporte l'AFP. Marc Ladreit de Lacharrière, président d'honneur de La Revue des Deux Mondes et propriétaire par l'intermédiaire de sa holding Fimalac, proche du couple Fillon, avait expliqué aux enquêteurs les circonstances de l'embauche de Penelope Fillon. « François Fillon m’a approché en février, mars ou avril 2012 pour me dire que son épouse cherchait une activité et si j’avais une idée d’emploi ou si je pouvais l’introduire auprès de groupes extérieurs. »

L'ancien directeur de la revue littéraire, Michel Crépu, n'avait pas manqué de s'étonner des révélations du Canard Enchaîné. « Le fait est que je n’ai jamais rencontré Penelope Fillon. D’aucune manière [...]. À vrai dire, la seule fois où nous fûmes en présence a été ce moment où, dans les locaux tristounets de la Brigade financière, on me proposa de prendre connaissance du contrat qui faisait d’elle une “conseillère littéraire” pour la modique somme de 5000 euros mensuels bruts », raconte-t-il dans Un empêchement (Gallimard).

Pour le tribunal correctionnel de Paris, Penelope Fillon s'est « rendue complice d'abus de biens sociaux », et les fiches de lecture qu'elle a rédigées n'entraient même pas dans le cadre du contrat de travail passé avec la revue littéraire.

En décembre 2018, Marc Ladreit de Lacharrière avait été reconnu coupable d'abus de bien social, condamné à 8 mois d'emprisonnement avec sursis et 375.000 € d'amende. Sa fortune était estimée à 4,3 milliards € en 2019.

Photographie : illustration, Jeanne Menjoulet, CC BY-ND 2.0


Commentaires
Justice est faite.
C'est comique cet entre soi parisien... Gallimard qui se permet une charge contre Fillon alors qu'il soutient Mazneff...

Ou l'art du contre-feu !

En tout cas, une chose est sûre : du pognon, il y en a à revendre dans le monde de l'édition. Avis aux auteurs : ne lâchez rien sur vos contrats. Autant que l'argent aille au bon endroit, dans la poche de ceux qui travaillent !
On ne peut qu'être ébahi : où se niche l'intelligence d'un homme pour s'imaginer que ses malversations ne cesseront qu'à sa disparition??
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