Richard Dawkins a bien prié un jour - mais Dieu était absent ?

Louis Mallié - 14.08.2014

Edition - International - Richard Dawkins - Edinburgh book festival - Religion


Nul n'ignore l'athéisme, de Richard Dawkins : son ouvrage paru en 2006 The God Delusion (Pour en finir avec Dieu, pour la traduction de Marie-France Desjeux-Lefort), était comme l'aboutissement de ses discours allant dans ce sens. Pour autant, ironie du sort, The Guardian rapporte que le biologiste et vulgarisateur britannique a raconté avoir fait l'expérience de la foi au cours de son enfance... 

 

 David Shankbone, CC-BY 3.0

 

Peut-être doit-on à quelques désillusions religieuses les positions rationalistes de Richard Dawkins : « Dieu n'est jamais venu à moi pour certaines raisons », a plaisanté le scientifique, interrogé à l'Edinburgh book festival. À l'occasion de son intervention, celui est revenu sur son bref passé de « croyant » : « J'ai brièvement été séduit par la religion, et priais avec détermination chaque nuit », raconte-t-il.  

 

Les choses ont bien changé depuis, et Dawkins est aujourd'hui considéré, selon les mots du Guardian, comme le « fléau » des religions — quand bien même celui-ci réfute l'idée d'apprécier « être haï » pour cela. Pour autant, dans une vidéo mise en ligne sur Youtube, on le retrouvait, assis en chaussette près d'un feu, en train de lire — non sans amusement — les mails de haine reçus quotidiennement.

 

 

 

« Cela ne me touche pas d'être mal-aimé des idiots », a expliqué l'auteur de The Selfish Gene (Le gène égoïste, pour la traduction française de Laura Ovion). À la question posée pour savoir si ses déclarations passées sur les fondamentalistes musulmans ne risquaient pas de diaboliser les musulmans modérés, celui-ci a répondu qu'il espérait bien que non.

 

« Il est très important de ne pas diaboliser les musulmans modérés et décents, qui constituent bien sûr la majorité des musulmans dans ce pays ». Pour autant, les personnes ayant une foi « modérée » « sécurisent les extrémistes », en ce qu'ils croient légitimement « en quelque chose sans preuve, ne nécessitant aucune justification. »

 

En ceci, un tel point de vue donne crédit aux extrémistes, en ce qu'il leur conférerait le droit de penser « ma croyance est que je suis censé être un kamikaze […] c'est ma foi et vous ne pouvez pas la remettre en question », explique le scientifique. Néanmoins, celui-ci a concédé l'idée que la plupart des croyants modérés seraient évidemment « horrifiés » à cette idée. Pour autant, celui que certains critiquent comme un « athée extrémiste » insiste : « Cela pourrait bien être la réalité. »