Romance et Eau de rose, le grand succès en numérique

Clément Solym - 20.12.2010

Edition - Société - romance - histoires - amour


On n'ignore plus vraiment ni pourquoi ni comment les romans à l'eau de rose et autres dérivés font des miracles en version numérique. Le secteur qui fait vibrer, voir chavirer les coeurs.

Il n'empêche que les dernières nouvelles données par le cabinet d'analyse Bowker montrent que loin des couvertures évocatrices et sensuelles, les lecteurs ebook contiennent en grande partie des ouvrages de cette littérature-là.

Grosses ventes

Pour Barnes & Noble, par exemple, cette catégorie représente 25 % des ventes de livres numériques. Et plus généralement, la romance incarne le segment le plus dynamique du secteur, devant la fiction, la science-fiction, ou les romans de fantasy. Matthew Shear, vice-président de St Martin's Press, qui publie 40 à 50 ouvrages annuellement, estime que le genre serait même en passe de devenir plus populaire en édition numérique qu'en édition papier.

Sarah Wendell, citée par le New York Times, est auteure et blogueuse. Pour elle, le problème est simple : « Ce ne sont pas toujours des livres que vous tenez en public et en évidence dans vos mains. » La gêne. Ou la honte.

Impression confirmée par At All Romance, ebookstore spécialisé dans cette littérature et dont les ventes ont plus que doublé durant l'année presque passée. Pour William Lynch, la manne est d'envergure, puisque les lecteurs de Romance « achètent en moyenne trois livres par mois ». Un client éminemment précieux, donc. D'autant plus que ces clients sont plus souvent des clientes, âgées de 31 à 49 ans.

Fin septembre, la société Enders Analysis amorçait déjà cette tendance, en soulignant que les ventes de livres dans les catégories science-fiction et Romance, commençaient à être littéralement cannibalisées par celles des ebooks. (notre actualitté)

Décollage depuis les annnées 80...

Pour un genre qui a commencé à décoller dans les années 80 outre-Atlantique, des parts de marché de l'ordre de 27 %, durant le troisième trimestre, quand de grands groupes d'édition annoncent des ventes globales d'ebooks de 9 %, montrent bien la puissance de frappe de ce pan éditorial. En outre, Bowker estime qu'en 2008, 75 millions de personnes ont lu un (au moins un) roman d'amour. Avec un tarif de vente attractif, ces livres qui ne sont clairement pas destinés à orner les bibliothèques personnelles ont trouvé, avec l'essor de la lecture numérique, un souffle plus grand encore.

Le tout sous couvert d'anonymat. Ou presque.

Puisque maintenant, toute personne ayant un lecteur ebook dans les mains est suspectable d'être un ou une lectrice de Romance...