Romancier et musicien, Jack-Alain Léger s'est suicidé

Lauren Muyumba - 18.07.2013

Edition - Société - Jack-Alain Léger - Défenestré - Ecrivain-chanteur


Il disparut à plusieurs reprises sous les noms de pseudonymes. Mais le 17 juillet 2013, Jack-Alain Léger a décidé de disparaître, définitivement. Daniel Théron, de son véritable nom, s'est défenestré à l'âge de 66 ans.

 

 

 

 

Mercredi 17 juillet,  son ex-avocat Emmanuel Pierrat a annoncé la triste nouvelle sur son compte Twitter:

 

Son premier roman, Boing, a été publié par Christian Bourgeois en 1969, sous le pseudonyme de Melmoth, à l'époque où son coeur balançait entre ses passions musicale et littéraire. 

 

Amateur de rock et issu de la jeunesse de 1968, il a démarré sa carrière en tant que chanteur et compositeur avant de s'adonner très rapidement à l'écriture. Il reçut le Grand Prix de l'Académie Charles-Cros en 1969 pour son premier disque La Devanture des ivresses et a enregistré son deuxième album Obsolète sous le pseudonyme de Dashiell Hedayat. Un nom loin d'être choisi au hasard, qui contracte celui de l'écrivain américain Dashiell Hammett, reconnu pour ses romans noirs, et l'auteur arménien Sadegh Hedayat.

 

Comme s'il avait du mal, comme pour la musique, à signer ses propres oeuvres, il publie le roman Vivre me tue sous le nom de Paul Smaïl. Best-seller salué par la critique, mais qui engendra une polémique lors de la découverte de l'identité fictive du jeune narrateur Français d'origine marocaine. Chez Stock, il publia le livre Prima Donna sous le pseudonyme féminin d'Eve Saint-Roch. 

 

Jack-Alain Léger a eu son heure de gloire en 1976, pour son roman Monsignore (Laffont) qui s'écoula à plus de 300 000 exemplaires en France, fut traduit en 23 langues et adapté au cinéma par Franck Perry (film américain sortit en 1982). L'heure du tigre (1979, Laffont) est aussi classé best-seller et a été traduit dans 14 pays. En 2004, il publia Tartuffe fait ramadan sans se cacher d'être islamophobe. Aujourd'hui, certains de ses romans sont à paraître : Mon fils, H'Nana et Le secret de Polichinelle.

 

Décrit comme un homme en conflit avec lui-même et le monde extérieur, Jack-Alain Léger a cependant porté un intérêt à l'oeuvre de grands noms : il a traduit Tarantula de Bob Dylan, Les aventures de Tom Bombaldi de J.R.R.Tolkien et L'Énergie des esclaves de Léonard Cohen. Aura-t-il vécu à travers plusieurs identités, comme le laissent croire ses nombreux pseudonymes ? En tout cas, l'oeuvre qu'il laisse derrière lui reste unique.

 

Emission Discorama du 30 janvier 1972, où il fu reçut par Denise Glazer :