Rome : Condamné à acheter 30 livres sur le féminisme à une prostituée de 15 ans

Clément Solym - 23.09.2016

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La juge italienne Paola Di Nicola a fait sensation. En plus des 2 années de prison, elle vient de condamner le client d’une prostituée de 15 ans à l’achat de 30 livres. Et ce, pour que l’adolescente apprenne ce qu’est l’histoire de l’émancipation de la femme. Plus 2 DVD sur l’identité féminine...

 

 

 

Une peine exemplaire, unanimement saluée par la presse italienne. Paola Di Nicola, juge, mère de deux enfants, et membre du comité pour l’égalité des chances au Conseil de la magistrature de Rome a frappé fort.

 

L’histoire est pourtant banale : un client de 35 ans sollicite une prostituée. Elle a 15 ans. Mais cette affaire, débutée en 2013, prend aujourd’hui une autre tournure : pour faire comprendre à l’adolescente que vendre son corps revient à se mortifier, la juge a décidé de la faire lire. Et pas n’importe quoi.

 

Au menu, les poèmes d’Emily Dickinson, les romans de Virginia Woolf, ou encore Anne Frank, Hannah Arendt, Marguerite Yourcenar (Les mémoires d’Hadrien, raaah, lovely !). Et bien d’autres ouvrages, essais, romans, pour qu’elle prenne la mesure de son acte : Natalia Ginzburg, Sibilla Aleramo ou encore Melania Mazzucco.

 

L’accusé, lui, écopera tout de même des 2 années de prison, mais pas des 20.000 € d’amende normalement associés à la condamnation dans le cadre de la prostitution d’enfants. Les livres qu’il devra acheter sont présentés par la juge comme les pierres angulaires de ce que l’histoire de la femme peut être. Et de souligner qu’ils devraient être lus par l’ensemble de la société, indépendamment de la peine qu’elle a décidée. 

 

Une leçon de vie tant pour le client que pour l’ado, qui avaient été pris en flagrant délit dans le quartier de Parioli – endroit chic de la capitale italienne. 

 

C’est toutefois un réseau assez vaste qui est au cœur de cette anecdote, baptisé Baby squillo en Italie. Des lycéennes qui se prostituent pour gagner l’argent qui achètera cocaïne ou vêtements de luxe. L’enquête lancée à Rome a démantelé un cartel passant par internet pour assurer la mise en relation des jeunes filles avec leurs clients. 

 

En septembre 2014, plusieurs grands noms de la capitale avaient été pointés, chefs d’entreprises, politiciens et même des employés de la FAO, Organisation des Nations Unies liée à l’alimentation et l’agriculture, dont le siège est à Rome. 

 

 

Via Corriere della sera