Rouen : plus de médiathèque, mais des archives vivantes

Clément Solym - 30.07.2008

Edition - Bibliothèques - médiathèque - Rouen - destruction


Au début du mois, la médiathèque de 7600 m² de Rouen avait été le centre de houleux débats, au point que Laurent Fabius exaspéré lâche un « C'est une honte ! » sans appel. Mal situé selon la mairie nouvellement PS, l'établissement « élitiste, excentré et inaccessible » devait être abattu, quel qu'en soit le coût, pourvu qu'on arrête les frais.

Mediathequus delendus est (Caton, peu ou prou)

Conçue par l'architecte Rudy Ricciotti, la médiathèque était alors sur la brèche, bien que le chantier de 44 millions d'euros ait commencé, avec 18 millions d'apports de la mairie... Raser ou ne pas raser, la question devenait épineuse, au regard des sommes investies.

Mais voilà, pour la mairesse Valérie Fourneyron, il s'agissait là d'« un héritage financier catastrophique », il ni une, ni deux, elle proclamait une destruction du lieu, décision immédiatement regrettée par Christine Albanel. En effet, cette « prise sans concertation avec ses services, alors qu’elle avait missionné une inspection pour évaluer cet équipement à la demande de la mairie de Rouen » contrariait plus que les intentions culturelles de la ville.

Une politique culturelle que la nouvelle mairie PS entendait cependant saper : « Nous raserons la médiathèque » avait de toute façon tranché Mme Fourneyron. Ite missa est...

Mediathequus modificandus erat

Mais voilà, le tollé politique, les relents dans la presse, la consternation de çà et de là a fait revenir la mairie sur ses intentions. Finalement, on passera du gâchis à « un équipement culturel majeur regroupant les archives vivantes départementales et un lieu de lecture publique ». Autrement dit, on reprend le projet pour en faire quelque chose de mieux.


Et l'architecte de sourire : « Cela redevient un dossier politique au sens noble du terme, un débat sur la lecture et la culture dans un quartier difficile. » Financièrement, « le projet va coûter le même prix. Mais comme le département de la Seine-Maritime mettra 20 millions d'euros, la participation de la ville se réduira à 18 millions contre 38 initialement ». Et la fin des travaux est toujours prévue pour 2010

Le cabinet de Mme Fourneyron annonce donc fièrement que « la ville a redéfini le projet après des rencontres avec l'architecte du projet, Rudy Riccioti. Le bâtiment n'abritera pas une bibliothèque centrale, mais les archives vivantes du département ainsi qu'une bibliothèque de quartier ».