Rougeole : presque un crime de ne pas vacciner un enfant (Roald Dahl)

Nicolas Gary - 03.09.2014

Edition - International - rougeole vaccination - Roald Dahl - risques enfants


La redécouverte de Roald Dahl au travers d'un chapitre inédit de Charlie et la Chocolaterie a relancé la mode. Pour le cinquantenaire de sa publication, le livre fait l'objet d'une réédition avec une couverture polémique, mais donne aussi une bonne occasion de saluer le grand bonhomme. Auteur de romans jeunesse, certes, mais avant tout passionné par les enfants. Et leur protection.

  

 

 

 

En 1986, raconte Open Culture, Dahl avait rédigé un texte qui venait appuyer une campagne de sensibilisation à la vaccination. Il avait alors travaillé pour la Sandwell Health Authority en rédigeant Measles : A Dangerous Illness. L'organisme voulait inciter les parents à prendre en charge la vaccination de leur progéniture, considérant les dégâts que peut occasionner ce mal. 

 

Or, la rougeole avait emporté la fille de Dahl, Olivia. Malade, la petite fille est morte d'une encéphalite rougeoleuse, et les médecins, à l'époque, furent impuissants à guérir cette transformation de la maladie. La jeune fille est décédée en 1962, et, au moment d'écrire pour son dépliant, Dahl insiste : même en 1986, un enfant atteint de la rougeole, et soigné, peut malgré tout développer une réaction mortelle. 

 

C'est pour cette raison qu'il encourageait à la vaccination, chose qui n'était ni répandue, ni courante, en 1962. « Aujourd'hui, un vaccin sûr et de qualité est disponible pour chaque famille, et tout ce que vous avez à faire est de demander à votre médecin de vous l'administrer. » 

 

En Grande-Bretagne, au milieu des années 80, une centaine de milliers de cas de la rougeole était recensée, avec 10.000 patients développant des effets secondaires, et 20 qui en meurent. Dahl avait écrit un texte émouvant, puissant, pour faire prendre conscience aux parents de la nécessité de la vaccination, combattant les préjugés sur d'éventuels risques. 

 

Seul un enfant tous les 205 ans développe des symptômes liés à la vaccination. « C'est à peu près une chance sur million. Je pense qu'il y aurait plus de risques que votre enfant s'étouffe en mangeant une barre chocolatée qu'en tombant gravement malade d'une vaccination contre la rougeole. Alors de quoi vous inquiétez-vous ? C'est vraiment presque un crime de laisser votre enfant sans le vacciner. »

 

Le ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes rappelle 

 

Je fais vacciner mon enfant contre la rougeole à partir de l'âge de 12 mois (un an) pour la première dose.

Une seconde dose de vaccin recommandée à l'âge de 16-18 mois est nécessaire pour que mon enfant soit protégé.

Un délai d'un mois doit être respecté entre les deux injections.

Le vaccin contre la rougeole est remboursé à 100 % par l'Assurance Maladie pour tous les enfants jusqu'à l'âge de dix-sept ans, et au minimum à 65 % pour tous les autres assurés.

Si mon enfant ou mon adolescent n'est pas à jour dans ses vaccinations, j'en parle à son médecin lors d'une prochaine consultation, afin de prévoir une vaccination de rattrapage.

Si je suis né après 1980, je dois vérifier que j'ai bien reçu deux doses de vaccin et me faire vacciner si ce n'est pas le cas.