Rouletabille enquête : François Fillon et le mystère du cabinet noir

Nicolas Gary - 25.03.2017

Edition - Société - François Fillon affaires - accusation François Hollande - cabinet noir République


On n’en finira jamais : si les attaques de Christine Angot ont glissé sur le sérénissime François Fillon, ce dernier s’est savonné la planche tout seul. Au sortir de l’improbable émission sur France 2, le candidat s’est donné pour mission d’attaquer François Hollande. Il réclame même « l’ouverture d’une enquête judiciaire ». Il aurait mieux fait de se casser une jambe...

 

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IAEA Imagebank, CC BY SA 2.0

 

 

« Le livre Bienvenue Place Beauvau, rédigé notamment par des journalistes du Canard Enchaîné, met gravement en cause la présidence de la République de François Hollande », a écrit le candidat LR. Des révélations qui relèvent d’un « véritable scandale d’État », mettant en cause le président de la République.

 

 

 

Le président serait donc à la tête d’un cabinet noir, et d’après la lecture qu’en a faite François Fillon, ce dernier lui permettrait d’accéder à des secrets indicibles.

 

Le livre des journalistes « explique que François Hollande fait remonter toutes les écoutes judiciaires qui l’intéressent à son bureau, ce qui est d’une illégalité totale, comment il est branché directement sur Bercy, sur Tracfin, sur les informations qui lui sont apportées en permanence, comment il est au courant des moindres faits, des moindres filatures, y compris concernant son ancien Premier ministre Manuel Valls ».

Extrait du livre pointé par FF

 

 

La Ve République n’aurait jamais tant enfreint la confidentialité, et franchissant la ligne rouge, versé dans une inégalité crasse. Mais l’auteur du livre, Didier Hassoux, intervenant sur France Info, s’étrangle. « La seule personne qui croit qu’il y a un cabinet noir à l’Élysée c’est François Fillon. Il y croit tellement que le 24 juin 2014 (...) il est allé voir Jean-Pierre Jouyet, qui est le numéro 2 de l’Élysée, pour lui demander d’activer ce cabinet noir. Ce cabinet noir n’existe pas », garantit le journaliste.

 

 

 

Oui, François Hollande a instrumentalisé la police pour servir des intérêts politiques, mais c’est un trait commun à tous les présidents de la Cinquième République. Et le journaliste de pointer : « On sent quelqu'un qui est aux abois, [...et] essaie de faire un coup. »

 

Comment Christine Angot a changé François Fillon en victime expiatoire 

 

Cherchant à détourner l’attention des batteries de casseroles qu’il traîne, le candidat Les Républicains a manifestement tant lu entre les lignes qu’il a trouvé ce qu’il souhaitait découvrir... L’Élysée a d’ailleurs « condamné avec la plus grande fermeté les allégations mensongères de François Fillon ».

 

Triste tropisme...