Rowling contre le Lexicon, acte II : les larmes et le vol

Clément Solym - 16.04.2008

Edition - Justice - procès - wikipédia - Lexicon


Elle est britannique et ne devait pas pleurer pour cette raison. Aussi, c'est Vander Ark qui a offert une crise de larmes à la Cour hier en niant avoir plagié le travail de Rowling. Équipé de lunettes rondes qui n'allaient pas sans rappeler celle de Potter, Vander Ark n'a pas soutenu le regard accusateur porté par la Warne Bros et Rowling : tremblant, il déclare que « ça a été difficile, car il y a eu un tas de critiques, évidemment, mais... cela représente une importante part de ma vie depuis ces neuf dernières années ».

Et alors qu'elle l'avait hissé jadis au rang d'excellente documentation, voilà que Rowling revient sur ses paroles en qualifiant le Lexicon de « brouillon paresseux », en comparaison d'autres ouvrages déjà parus sur Potter. À la différence de celui de Vander Ark, les autres apportaient une dimension personnelle. Et l'avocat d'enfoncer le clou : « L'enthousiasme d'un fan ne doit pas occulter les actes de plagiat. Les éditeurs savaient ce qu'ils faisaient. »



Mais pour l'auteur de l'encyclopédie non officielle, il n'y avait pas d'autre alternative que d'avoir recours aux mots de Rowling, à ses propres descriptions puisqu'il s'agissait de créatures fictives, et non pas du monde réel. Et il se défend, quand on lui reproche de ne pas avoir cité Rowling, ni avoir eu recours aux guillemets : « C'est un livre de référence. Si j'avais écrit un livre de référence sur Shakespeare, je n'aurais pas cité son nom à tour de bras. » Ce dernier n'aurait pas non plus porté plainte.

Pour Rowling cela reste « le vol de mes 17 années de travail acharné. [...] Ces livres, ils m'ont sauvé, et pas seulement dans le sens matériel, évidemment, même si c'est aussi le cas... Je dirais qu'à un moment, ils ont préservé ma santé mentale ».

Pour certains commentateurs, la meilleure défense ou attaque pour Rowling serait de laisser cette affaire tomber et de prendre la plume pour rédiger sa propre encyclopédie. Ses mots, son univers, contre celui d'un fan : le combat serait peut-être plus équitable. Au moins, c'est le public qui jugerait, estime un journaliste.