Rowling et l'imagination à Harvard : un brin de Baudelaire

Clément Solym - 06.06.2008

Edition - Société - Rowling - diplome - Harvard


Au cours d'une conférence donnée à l'université de Harvard, pour la remise des diplômes, J.K. Rowling, invitée à prendre la parole, l'a prise... Quelle insolence !

Enfin, qu'a-t-elle dit ? « Nous n'avons pas besoin de magie pour transformer notre monde. Nous portons déjà tous en nous le pouvoir dont nous avons besoin ; nous avons le pouvoir d'imaginer mieux. »

Car nous disposons de l'imagination, faculté d'une importance cruciale. Une réminiscence baudelairienne manifeste sur laquelle Rowling a volé : « L'imagination est non seulement une capacité unique pour l'homme qui lui permet d'envisager ce qui n'existe pas et en ce sens, elle est la source de toute invention et toute innovation. »

Mais elle a également souligné l'importance de l'échec, s'appuyant sur sa propre expérience — refusée par plusieurs maisons avant d'être publiée et l'indigence dans laquelle elle vécut auparavant. Cette connaissance que l'on acquiert des revers qui nous frappent nous rend plus sages et plus forts pour faire face à l'avenir, estime-t-elle. « On ne se connaît que dans l'adversité », conclut-elle. Ce savoir acquis devient plus important, que n'importe quel diplôme estime-t-elle.

Elle a reçu hier un doctorat honorifique de docteur ES Lettres, qu'elle n'avait pas pu obtenir quand elle était mère célibataire. Un hommage autre lui fut rendu avant son discours : deux membres de la promotion de 1936 portaient en effet un balai, allusion au monde des sorciers, lors de la procession des anciens.