Rowling et la loi des (mini) séries : soigner son look

Nicolas Gary - 27.04.2014

Edition - International - JK Rowling - apparences - coupe de cheveux


Le look d'un auteur pèse pour une grande partie du marketing. Alors que la romancière s'apprête à transformer son livre The Casual Vacancy, en une minisérie produite par HBO et la BBC, elle est intervenue dans l'émission de Radio 4, Woman's Hour. Elle y explique notamment l'oppression subie autour de son look, entre les premiers temps du succès, jusqu'à aujourd'hui. C'est que depuis ses débuts à la télé, l'écrivaine a ostensiblement revu sa garde-robe. Et manifestement changé de coiffeur.

 

 

 

Rue89 en faisait le constat dans un article de février 2013 : « Dans ce contexte, je pense qu'un écrivain qui combinerait talent et beauté a plus de chances de passer. C'est prouvé, nous sommes attirés par ce qui est beau. Mais je crois que dans des maisons de qualité, le talent passe avant le physique. » Et la plus importante romancière actuellement, JK Rowling, n'a pas dérogé à la règle.

 

On lui reprochait, dans ses premières apparitions médiatiques, un look assez négligé, limite « hirsute ». Et suite à ces fâcheux et désagréables commentaires, JK a décidé de prendre son look en main, et de, comme on le dit pudiquement, « faire quelque chose ». 

 

« Je serais menteuse, si je disais que je ne m'en préoccupe pas. Oui, je m'en soucie. J'ai trouvé très difficile, quand je suis devenue connue, de lire des critiques sur la manière dont je m'habillais, mes cheveux en bataille, et de lire que j'avais l'air négligée », précise-t-elle dans l'émission qui sera prochainement diffusée.

 

 

 

Le Telegraph, qui relate une partie de cet entretien, rappelle combien, entre 1997, date du succès grandissant, et 2008, la romancière a été changée du tout au tout, pour devenir soudainement glamour dans ses apparitions télévisées. Un chroniqueur avait même eu cette délicate attention, parlant « d'une souris qui est en train de devenir une déesse ». Amis sexistes... 

 

Pour autant, JK a du mal avec le temps qu'il faut passer avant d'entrer en scène, sur un plateau télé. « Si j'ai l'air amère, alors cela reflète exactement l'état d'esprit dans lequel je suis. » Elle en est toutefois arrivée à être fan de chaussures à talons, et réfléchit à la fétichisation de cet objet de mode dans notre société.

 

Il n'en reste pas moins, souligne-t-elle, que les femmes sont bien plus soumises au jugement sur leur apparence, que les hommes. « Ce doit être tellement agréable d'être un homme : il suffit de se demander ‘Lequel de mes trois costumes je vais porter aujourd'hui ?', et personne ne vous dira quoi que ce soit. Pour nous, les femmes, c'est notre poids, nos vêtements, la façon dont nous vieillissons, nos cheveux - absolument ! Si vous, les hommes, aviez à vous soucier de vos cheveux... »

 

En 2006, Rowling avait déjà eu ces réflexions, cette fois pour protéger ses propres filles, estimant qu'elles grandissaient dans « un monde obsédé par le fait d'être maigre ».

 

 

 

 

Par Antonin Serraut (ActuaLitté, CC BY-SA 2.0)