Rowling : une Sikhe velue et tétonnière insulte l'Inde

Clément Solym - 02.10.2012

Edition - International - Rowling - Inde - Sikhs


Elle avait déjà fait un petit scandale en introduisant de scènes de sexe, et de viol, dans son nouveau roman, mais jusqu'à lors, la polémique n'avait pas suffi à conquérir ni la presse ni le public. La controverse qui fera vendre viendra-t-elle alors de ce que les sikhs, depuis l'Inde, viennent de prendre la mouche ? That's the question...

 

 

 

 

Les autorités religieuses sikhes ne décolèrent en effet pas : Une place à prendre représente une jeune fille de leur confession, avec une moustache et une opulente poitrine. Une description raciste, certes, mais faite par un petit camarade de classe, observant Sukhvinder, la jeune fille, avec perplexité. Mais il ajoute, comme pour lui-même que les scientifiques restent circonspects sur la contradiction qui existe entre hommes et femmes, autour de la pilosité. 

 

Insulter les sentiments religieux ?

 

Or, et c'est là tout le drame, certains croyants sikhs ont interdiction de se raser ou de se couper les cheveux, et le fameux passage, est mis à l'index par le comité indien Shiromani Gurdwara Parbandhak. Les responsables religieux sont même en train de passer en revue l'ensemble du roman pour dénicher d'autres marques de ce genre, réclamant qu'elles soient supprimées de l'édition indienne.

 

Le responsable du Shiromani Gurdwara Parbandhak, Avtar Singh Makkar, considère le choix des mots, pour qualifier la jeune fille, « d'insulte à la communauté sikhe », et d'ajouter : « Même si l'auteure avait choisi de décrire les caractéristiques physiques d'un personnage féminin sikh, il n'était pas nécessaire qu'elle ait recours à un langage provocateur. C'est une chose condamnable. »

 

Encore un peu ? « Si quelque chose d'écrit va à l'encontre de la dignité des sikhs, nous nous adresserons au premier ministre indien, Manomohan Singh et lui demanderons instamment de s'occuper de cette affaire, avec le Royaume-Uni, en intentant un procès contre Rowling. »

 

Personne n'est en mesure d'offenser le sentiment religieux sikh, précise-t-il. Or, Rowling, durant la promotion de son livre, avait assuré avoir réalisé de nombreuses recherches sur cette population, pour découvrir ses aspects culturels. C'est d'ailleurs une rencontre avec jeune femme sikhe, quand elle avait vingt ans, qui avait éveillé sa curiosité pour cette religion. « Elle m'avait expliqué que les hommes et les femmes, sont explicitement décrits comme égaux, dans leur livre saint, et que les femmes ne sont pas exclues des rites religieux, ni des croyances. Je ne parvenais pas à le croire », expliquait la romancière. 

 

La fête est finie

 

D'autant plus que la presse indienne s'était réjouie, dans un premier temps, de voir qu'une place particulière était accordée à toute une famille sikhe. « C'est une religion incroyable », avait souligné Rowling. La romancière avait insisté pour introduire une famille non blanche dans son livre, pour profiter de ce qu'elle permettait d'examiner les attitudes sociales, et tout ce qui touche « à l'exclusion, aux préjugés et à la discrimination ».

 

Reste que le grand manitou sikh n'apprécie pas vraiment l'expérimentation romanesque. « Les auteurs de renom comme JK Rowling doivent manifester un respect particulier envers toutes les religions et les communautés, parce qu'ils sont lus par des millions de personnes. Les croyants sikhs, y compris les femmes, doivent s'abstenir de se raser et de se couper les cheveux. Il s'agit d'une partie de notre foi et toute personne faisant des remarques désobligeantes, blesse directement les sentiments religieux de la communauté sikhe. »  

 

Des critiques qui s'ajoutent en tout cas aux précédentes, reprochant au récit un ensemble de personnage et de situations graveleux, dans la petite ville britannique, où se déroule le livre. Selon les premières estimations d'Ipsos/Electre, le livre, commercialisé depuis le 29 septembre, aurait réalisé 129 ventes en France. Avec plus de 59 % effectués en grande surface... Mais il est évidemment bien trop tôt pour croire à une tendance fiable.

 

Cependant, à quelques courtes encablures de la polémique Charlie Hebdo, autour des caricatures de Mahomet, voilà qui ne manque pas de relancer plusieurs interrogations. D'abord, l'absence totale de recul sur ce qui est avant tout un texte romanesque - et soupçonner Rowling d'avoir voulu insulter une communauté religieuse X ou Y, relève du doux délire. Mais surtout, l'incidence que les pouvoirs religieux peuvent avoir dans l'esprit des gens, et surtout, exercer, au niveau politique. Il serait tout de même sensationnel que l'ouvrage de Rowling, pour mauvais qu'il soit, se fasse censurer pour ce genre de raison...

 




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