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Royaume-Uni : Brian Ashley prend à charge le cas des bibliothèques

Julien Helmlinger - 02.07.2013

Edition - Bibliothèques - Brian Ashley - Arts Council England - Bibliothèques


À dater du 1er juillet et dans un contexte délicat, l'ancien directeur de la Culture du conseil municipal de Nottingham, Brian Ashley, prend ses fonctions de directeur des bibliothèques sous la houlette du Arts Council England. Samedi dernier, lors d'une réunion londonienne de The Library Campaign, il s'adressait à un groupe de militants. Comme il l'affirme, il s'agit désormais pour les établissements de prêt de « faire face à la réalité ».

 

 

 Brian Ashley (Crédits : Arts Council England)

 

 

Le nouveau directeur des bibliothèques de l'ACE, succédant à Nicky Morgan, a affirmé que les fermetures d'établissements, coupures dans les budgets et autres manques de personnels sont des sujets qui doivent être abordés. Précisant : « Les bibliothèques ferment. Certaines ouvrent aussi, mais pas dans les mêmes chiffres. Je ne serai pas de ceux qui prétendent que rien ne va mal, mais tout n'est pas extrême. Tout n'est pas en crise. »

 

Il a précisé aux défenseurs des bibliothèques qu'entre 2010 et 2016 la plupart des bibliothèques vont perdre entre 30 et 40 % de leurs budgets, et il admet que peu d'établissements seraient en mesure de poursuivre leur mission sans que ce manque n'influe sur les services offerts. Selon lui, peu importerait le parti au pouvoir, les restrictions sont jugées inévitables par chacun d'entre eux.

 

Sans détour, Brian Ashley a assuré qu'il ne fallait pas s'attendre à voir une agence de développement des bibliothèques à l'agenda du gouvernement actuel. Mais bien que la situation soit des plus serrées, il espère que le rapport publié plus tôt au cours de l'année par l'ACE, Envisioning the Library of the Future, permettra de redéfinir les bibliothèques face à la crise. L'ACE disposera selon lui d'un budget annuel ne dépassant pas les 500.000 £ pour le développement des bibliothèques, fonds dont une partie est d'ores et déjà allouée à des projets précis.

 

Du côté des militants qui se questionnent quant à l'utilité du rapport, c'est un accueil plutôt mitigé qui est réservé. Il se trouve qualifié notamment par Laura Swaffield de : « guide Pippa Middleton pour les bibliothèques publiques ». Les défenseurs du service public espèrent davantage obtenir des aides pour les créateurs de services gérés par la communauté, des préconisations tactiques pour une meilleure gestion des budgets et des services protégés.

 

Brian Ashley a affirmé que l'ACE devrait s'engager en ce sens, que ce soit pour les bibliothèques comme pour les arts en général. Concluant : « Ce que je reprendrai à charge à partir d'aujourd'hui est de savoir comment faire entendre la voix de l'utilisateur. »