Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Royaume-Uni : des libraires agréés pour l'envoi de colis en prison

Julien Helmlinger - 02.02.2015

Edition - Librairies - Prison - Librairies - Politique


Depuis le 31 janvier 2015, les restrictions d'accès aux livres en milieu carcéral, qui avaient suscité une vive polémique, sont assouplies au Royaume-Uni. La Haute Cour a décidé en décembre dernier que la mesure prise en 2013 était illégale. Toutefois, le gouvernement britannique précise que les colis recevables doivent provenir des librairies Waterstones, Blackwell, Foyles ou WH Smith sous prétexte d'« assurer la protection et la sécurité des prisons ». Reste à voir si les autres libraires n'y verront pas une injuste distorsion de concurrence.

 

 

prison guard tower

CC BY 2.0 par Rennett Stowe 

 

 

Un porte-parole du ministère de la Justice a rappelé que le but de la décision, aujourd'hui jugée illégale, n'avait pas pour but d'empêcher la lecture en prison, mais d'éviter l'introduction de produits illégaux derrière les barreaux. Les prisonniers pourront donc bénéficier des services des bibliothèques publiques et des envois de colis de ces quelques librairies agréées par le gouvernement, cette dernière mesure devant éviter que ce ne soient les proches des détenus qui emballent les colis à leur attention.

 

« Nous restons pleinement engagés en faveur de la réhabilitation par l'éducation et avons mis en place des programmes tels que le Shannon Trust National Reading Network, qui comprend le mentorat par les pairs pour améliorer les niveaux de lecture », a ajouté le représentant de l'État. Pour le directeur général de la chaîne Waterstones, James Daunt, « le bon sens a finalement prévalu ».

 

Chez Blackwell, Gareth Hardy explique que le libraire a été prévenu à la dernière minute, via un courrier du ministère de la semaine dernière, lui demandant s'il acceptait de faire partie des enseignes agréées. « Ce sont de bonnes nouvelles sur les deux tableaux. Il est bon que les prisonniers soient à nouveau autorisés à recevoir des livres. Quant à savoir si ce sera un grand élan des ventes pour nous, je ne suis pas sûr, mais il sera intéressant de le découvrir », confie le responsable des opérations commerciales.

 

Le ministère de la justice a également précisé ses critères de sélection des libraires agréés : il s'agissait de posséder un grand nombre de boutiques, une importante présence en ligne, un large éventail de livres et être capable de couvrir une vaste zone géographique. Pour raisons de sécurité, les partenaires doivent en outre utiliser des feuilles de route d'approvisionnement reposant sur un service de messagerie reconnu.

 

Richard Mollet, président de la Publishers Association, s'est aussi félicité de cette décision : « Il était temps que le gouvernement revoie sa politique qui avait imposé des restrictions sur les colis de livres aux prisonniers. L'accès aux livres joue un rôle essentiel dans l'augmentation des niveaux d'alphabétisation parmi les prisonniers, aidant la réhabilitation et l'augmentation des perspectives d'emploi à la libération. C'est quelque chose que le gouvernement devrait soutenir, et non empêcher. »

 

(via The Bookseller)