Royaume-Uni : hausse des ventes de 79 % pour les éditeurs indépendants

Antoine Oury - 27.11.2017

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Le distributeur britannique Inpress assure que les ventes d'une soixantaine d'éditeurs indépendants du pays ont augmenté de 79 %, en moyenne, au cours de l'année 2017. D'après la société, qui se base sur les chiffres de sa clientèle, les petites maisons d'édition ont su élargir leur lectorat en recrutant des auteurs d'origine plus diverse, pour des ouvrages eux aussi plus variés.


Foire du Livre de Francfort 2017
(photo d'illustration, ActuaLitté, CC BY SA 2.0)
 


Les données avancées par Inpress sont à considérer avec précaution : après tout, il est dans l'intérêt du distributeur d'annoncer une hausse des ventes pour ses clients. Mais l'article du Guardian a réjoui de nombreux éditeurs et lecteurs, outre-Manche. En 2017, les ventes de 60 éditeurs, parmi les plus petites structures du secteur au Royaume-Uni, auraient augmenté de 79 %.

 

D'après Sophie O’Neill, directrice de la société de distribution, cette spectaculaire hausse des ventes s'expliquerait par... l'indépendance. Ces maisons d'édition, basées à l'extérieur de Londres, auraient une vision plus large sur le monde, plus ouverte aux voix qui diffèrent des tendances de l'édition ou des livres en vogue.

 

« Cela prouve que la géographie est désormais dépassée, quand on parle d'édition », assure O'Neill. Les auteurs publiés par ces maisons d'édition proviennent de milieux plus variés, et, conséquence indirecte, les lecteurs intéressés par leurs publications ne sont plus issus de la seule classe moyenne blanche. Pour faire simple, « nous proposons aux lecteurs ce qu'ils recherchent, plutôt qu'un nouveau roman sur une fille morte dans un train », résume Hannah Bannister, responsable des opérations pour Peepal Tree Press.

 

« Les gens en ont marre d'acheter des livres similaires à ceux qu'ils ont déjà », poursuit-elle : le coup d'arrêt des services de recommandation automatique serait-il déclaré ? Outre cette diversification du paysage éditorial, les petits éditeurs profiteraient aussi de la trop forte rotation des grandes structures : des auteurs lâchés par leurs maisons d'édition pour cause de ventes insuffisantes se verraient accueillir à bras ouvert par les indépendants, d'autant plus que leur lectorat les suivrait volontiers.

 

Financer une maison d'édition : les ressources,
les aides, les soutiens

 

Autre explication, les éditeurs indépendants seraient tout simplement moins peureux : en absence de directoire ou de comité d'actionnaires, la décision n'appartient qu'à un petit groupe de personnes et peut donc être prise plus rapidement et plus audacieusement. « Simon & Schuster avait acheté mon roman The Tryst en 2013, mais s'est dégonflé car il contient des scènes de sexe très explicites », explique ainsi Monique Roffey, qui a depuis publié son livre chez Dodo Ink, basé à Manchester.

 

La trésorerie plus réduite de ces structures n'empêche en rien le versement d'à-valoir, explique encore O'Neill, et ces derniers sont parfois plus élevés qu'au sein de grandes maisons... Avec des attentes plus raisonnables en matière de ventes.