Royaume-Uni, Islande et Danemark, les marchés de l'édition les plus sains

Antoine Oury - 26.10.2016

Edition - International - Union internationale des éditeurs UIE - édition marchés monde - livres par habitant


L'Union internationale des éditeurs, International Publishers Association en VO, a publié son rapport annuel 2015-2016. Si la majeure partie du document concerne les actions de l'organisation, une partie dresse un panorama du paysage éditorial mondial. Avec une évaluation intéressante des différents marchés, basée sur le nombre de livres publiés par habitant.

 

Frankfurter Buchmesse 2016 - Foire du livre de Francfort

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

On retrouve dans le rapport annuel de l'IPA, diffusé en fin d'article, un bilan des actions de l'organisation d'éditeurs, sur des sujets comme la liberté de publier, le copyright et le droit d'auteur, l'édition pédagogique ou encore les actions en faveur de l'alphabétisation.

 

Une partie est consacrée aux statistiques de l'édition mondiale, que l'UIE collecte et compile depuis 2009. On y retrouve le traditionnel classement des marchés selon le chiffre d'affaires : le trio de tête reste constitué par les États-Unis (24,9 milliards € en 2015 contre 22,9 milliards en 2014), la Chine (10,512 milliards € en 2015 contre 10,578 milliards € en 2014) et l'Allemagne (5,43 milliards € en 2015 contre 5,541 milliards € en 2014).

 

La France se classe 5e, avec 2,667 milliards € de chiffre d'affaires en 2015 contre 2,652 milliards € en 2014. L'intégralité des chiffres de la période précédente, 2013-2014, est disponible dans un autre rapport de l'UIE.

 

Parmi les variations remarquables, notons le retour du marché américain à la croissance, tandis qu'au contraire, le marché chinois se retrouve à la baisse, pour la première fois depuis quelques années. La Suède (+ 50 %), l'Arabie saoudite (+ 21 %) et la Thaïlande (9,55 %) affichent la plus forte croissance, tandis que la Suisse (– 35 %), l'Islande (- 15,15 %) et le Brésil (– 13 %) voient leur marché se contracter fortement.

 

La France reste très dynamique sur le plan des nouveaux titres publiés : avec une croissance de 8,60 % entre 2014 et 2015, l'Hexagone se classe parmi des marchés en construction, comme l'Arabie saoudite et les Philippines. Pour rester dans la francophonie, la Belgique affiche elle aussi une belle croissance, avec +15 % pour le volume de titres publiés.

 

L'UIE fournit ensuite un indicateur qui en rappelle d'autres, comme l'indice de développement humain : « Un indicateur important de la santé des industries nationales de l'édition est le nombre de titres publiés par habitant », explique l'Union internationale des éditeurs. Selon différentes organisations internationales représentatives des métiers du livre, une industrie de l'édition « saine » — autrement dit, à la fois diversifiée et productive — publie au moins 500 livres, hors rééditions, par million d'habitants du pays.

 

Sous ce nouvel angle, le classement est complètement bouleversé : l'industrie britannique apparaît alors comme la plus saine en 2015, avec 2710 titres par million d'habitants, un rythme de publication rendu possible par l'export possible sur la totalité du monde anglophone. L'Islande, malgré le recul du marché observé en 2015, est en 2e position, suivie par le Danemark. Brésil et France ferment le top 5.

 

À lire : Les 10 pays les plus alphabétisés au monde, selon une étude

 

 

Un pays comme la Chine, où le marché est en train de prendre son essor — ce qui profite notamment aux livres jeunesse francophones —, reste à la traîne si l'on considère sa population, et occupe encore la fin du classement.