Royaume-Uni : l'édition numérique, une bonne santé qui ne s'améliore plus

Clément Solym - 19.10.2012

Edition - Economie - royaume uni - numérique - édition


Au Royaume-Uni, la vente de livres numériques a augmenté cette année de 188 %, malgré un léger ralentissement. Une étude toujours délicate à mener, puisque, contrairement aux chiffres généralement rendus publics pour l'édition imprimée, l'édition numérique aime garder ses secrets. Mis à part des organismes de statistiques et la liste disponible des meilleures ventes établie par les journaux britanniques, les ventes totales et la répartition par catégorie de détaillant restent un vague mystère, jalousement gardé par les détaillants et les éditeurs.

 

 

Flag United Kingdom of Great Britain and Northern Ireland, Royaume-Uni

erjkprunczyk CC BY-NC-SA 2.0

 

Les contours de l'entreprise numérique demeurent donc encore généraux. Néanmoins, d'après Publishing Perspectives, il « est à peu près possible de faire un point sur ce qui se passe au Royaume-Uni ». Alors qu'en est-il de nos proches voisins ?

 

Deux catégories à considérer séparemment avant tout : les « vanilla » ebooks, ou les répliques numériques de titres imprimés, et les livres exclusivement ou initialement numériques. Généralement, ces derniers innovent en matière de modèles et de formats. Lors des études, ils sont souvent la catégorie privilégiée. Ensuite, le cas des « appareils » de lecture et leur plate-forme. Ceux-ci ont bien pris au Royaume-Uni : le Kindle d'Amazon est toujours l'appareil dominant, suivi du « groupe » Kobo, Google, Sony, iBooks d'Apple, et une multitude de start-ups. Mais, avec le lancement de Nook, de Barnes & Noble, la concurrence commence à sérieusement pointer. Sa portée ne sera connue que début 2013. Et, face à cette bataille difficile, rappelons le partenariat très controversé du détaillant britannique Waterstones avec Amazon pour vendre des appareils Kindle dans ses boutiques.

 

Au niveau des chiffres, la Publishers Association (équivalent du SNE français) rapporte une croissance des ventes de livres numériques de 188 % au cours de la dernière année, ce qui « représente en fait un ralentissement », mouvance générale de l'industrie numérique actuelle. Pour le premier semestre 2012, la vente numérique représente quand même un revenu de 84 millions de dollars. D'après les derniers rapports semestriels livrés par HarperCollins et Hachette UK, la vente des ebooks représente un quart du chiffre d'affaire pour les deux sociétés. Selon Victoria Barnsley, PDG de HarperCollins UK, les revenus d'ebooks pourraient devenir un tiers du total du CA du groupe dans les deux ou trois ans à venir. Pourtant, les indications générales suggèrent plutôt une croissance qui se stabilise, alors que l'e-lecture semble avoir atteint un certain « pic » naturel de fréquentation et d'utilisation.

 

L'une des certitudes numériques du Royaume-Uni, c'est ce qui plaît aux britanniques. Et c'est la fiction qui gagne le tournoi, « clairement classique » comme genre attendu. Une tendance, néanmoins, observée non seulement en Angleterre, mais dans le monde entier. N'oublions pas que malgré l'essor du marché, la plupart des éditeurs ne sont encore qu'à la construction de leurs compétences et de leur compréhension du secteur.