Royaume-Uni : l'industrie du livre se frotte l'ebook

Clément Solym - 18.09.2012

Edition - Economie - Royaume-Uni - lecture numérique - ebooks


La Publishers Association, représentant une solide partie des éditeurs britanniques est confiante. La vente de livres numériques va augmenter. Et si les ventes de livres papier sont assez stables, finalement, le chiffre d'affaire pour l'ebook est en plein essor dans le pays. En tout cas, sur la première moitié de l'année 2012, c'est flagrant, assure l'AP.

 

 

 

 

En regard de l'année 2011, sur la même période du premier semestre, la hausse des ventes d'ebooks est de 188 %, révèle l'AP, sur les ventes de fiction, alors que sur la même période, la vente de livres papier est en baisse de 0,4 %. Des chiffres qui attestent d'une bonne santé de l'industrie, considèrent les experts, alors que le milieu de la librairie ne cesse de se plaindre de conditions de travail douloureuses. 

 

« La forte croissance du livre numérique prend le pas sur un marché qui se ternit. Il y a de bonnes nouvelles sur la transition qui s'opère actuellement dans le marché, et les revenus qu'il tire de ce commerce, mais il sera difficile d'aboutir à une situation où il y aura moins de librairies », explique Philip Jones, rédacteur en chef du Bookseller, à la BBC.

 

La popularité du format numérique, outre-Manche, a évidemment été dopée par l'apparition de Fifty Shades of Grey, qui a allègrement défrayé la chronique et ne cesse jamais de l'alimenter avec des détournements multiples ou des exploitations marketing à n'en plus finir... 

 

Dans les chiffres donnés par la so british AP, il faut noter l'augmentation de vente dans le domaine de la jeunesse avec 171 % de croissance contre 128 % pour les titres de non-fiction. Ils montrent d'ailleurs, et plus globalement, que l'enthousiasme est global pour les livres numériques. Avec 1,1 milliard £ de chiffre d'affaires sur le premier semestre, la PA note que la vente de livres, sur la globalité, a augmenté de 6,1 % sur la période - mais elle accusera probablement le coup pour les mois de juillet et août.

 

Confiance absolue... des éditeurs

 

« La forte augmentation des ventes numériques montre la rapidité avec laquelle les lecteurs et les éditeurs se tournent vers la lecture numérique. Que les livres soient appréciés physiquement ou numériquement, les éditeurs continueront d'investir dans des oeuvres et des auteurs passionnants. Ils peuvent se le permettre grâce à la stabilité qu'apporte un droit d'auteur robuste et flexible au Royaume-Uni », explique Richard Mollet, le directeur général de l'AP.

 

Et d'ajouter que ces résultats confortent l'association dans son idée de lutter encore et toujours contre la violation du droit d'auteur et toute forme de piratage connue, afin que soient protégés les droits des créateurs, dans l'économique numérique. 

 

Reste que si la situation est bonne pour l'heure, on attend encore avec beaucoup d'impatience de voir ce qui se passera au lendemain de Noël 2012. Car la concurrence devient rude entre les libraires en ligne, mais les librairies de brique et de mortier, pour leur part, subissent de plein fouet cette rivalité. Et comme les consommateurs n'ont aucune assurance quant au futur du marché, difficile de s'engager fermement sur telle ou telle voie. 

 

D'autant plus qu'un certain nombre de concurrents s'installent sur le marché et proposent des appareils de lectures à des tarifs moins élevés que ceux commercialisés par Barnes & Noble, Kobo ou même Amazon. Avec une seule problématique pour chacun des futurs possesseurs de ces appareils : que lire, et où acheter ?