Royaume-Uni : le commerce internet dépasse les ventes en librairies

Nicolas Gary - 26.03.2015

Edition - International - ventes livres Royaume-Uni - enquête étude Nielsen - lecture catégories romance


L'année 2014 affiche malgré tout une activité solide dans la vente de livres, assure la société Nielsen Book, qui organisait hier sa conférence annuelle, BookInsights. Avec 2,2 milliards £ de vente, c'est une croissance de 4 % qu'enregistre le marché, pour livres papier et numérique. Avec un constat troublant : les ventes en ligne ont dépassé celles en magasins.

 

 

Peter in heaven!

Les Chatfield, CC BY 2.0

 

 

Ce 25 mars, l'édition britannique a poussé un long soupir de soulagement : les livres numériques ont représenté 30 % des ventes unitaires réalisées en 2014, avec une forte croissance du secteur non fiction, et celui de la jeunesse. Mais, car il faut un mais, la migration numérique pour ces catégories reste encore limitée. Surtout que, parallèlement, la transition pour des domaines comme la romance et la fantaisie s'est ralentie. 

 

Pour rester dans les données clients, Nielsen affirme que 56 % des 36.000 acheteurs sollicités pour sa Nielsen Books & Consumers UK Survey disposent d'une tablette, fin 2014, contre 41 %, l'année passée, et 25 % ont un lecteur ebook. 

 

Donc, si les ventes en ligne dépassent celles des librairies et autres points de vente, la proportion de lecture en papier reste tout de même identique. 

 

Or, les libraires ont tout de même acquis une part importante des ventes d'imprimés, et pour ce qui est de la jeunesse, des achats impulsifs, et des cadeaux, ils restent en avance sur la vente en ligne. Dans l'ensemble, les livres restent achetés en tant que cadeaux, pour 25 % des clients contre 20 % en 2012. 

 

Quant à offrir des livres numériques en guise de cadeaux, il y a encore de la coupe aux lèvres (et aux livres), avant qu'elles ne balancent les ventes de papier. 

 

Steve Boehme, directeur des études chez Nielsen affirme qu'au cours de l'année passée, un grand nombre de lecteurs s'est engagé sur la voie du livre numérique, et des médias en ligne. « Mais la proportion d'acheteurs de livres, journaux et magazines est restée au même niveau, au cours de ces trois dernières années. » Tandis que le digital sert à développer un certain nombre de secteurs importants, la croissance est revenue pour 2014. 

 

Les dépenses globales pour les livres jeunesse ont d'ailleurs augmenté en 2014, principalement tirées par une croissance de 9 % du chiffre d'affaires. Le domaine du Young Adult est l'un des plus performants, avec une tranche d'âge qui s'étire désormais de 13 à 34 ans. Les chiffres pour les ventes de livres Adults ont diminué de 4 %, mais pour le coup, la croissance numérique a compensé les pertes – et ce, alors que les ventes, en volume, ont diminué par rapport aux années précédentes. (via The Bookseller)

 

 

Reste que 13 % des ventes réalisées sur les produits à travers le territoire se font par le bouche-à-oreille : si les tuyaux ont de beaux jours devant eux, les échanges et conseils venant de proches semblent indétrônables.

 

Il est amusant de constater que la « rentabilité résiliente » était exactement l'expression déployée par le Syndicat national de l'édition, lors de la présentation d'une étude sur le marché français, opérée mi-mars. Or, depuis 2007, le chiffre d'affaires de détail des ventes de livres baisse régulièrement (- 1,2 % par an). Les explications les plus communément admises vont de la crise économique à la baisse de l'investissement des Français dans la lecture, aussi bien en termes de temps que d'argent.

 

En 2014, l'e-book contribuait pour seulement 1,6 % aux ventes de détail de livres, mais pour 5 à 6 % dans le chiffre d'affaires des éditeurs. Mais le livre numérique est déjà une réalité dans certains segments de marché (25 % en sciences humaines et sociales).