Royaume-Uni : le “copier-coller” de livres entre éditeurs dénoncé

Antoine Oury - 22.07.2019

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L'édition est peut-être une industrie de l'offre, mais cela ne l'empêche pas de prendre en considération avec beaucoup d'attention la demande. Au Royaume-Uni comme ailleurs, le succès d'un livre particulier appelle souvent des ersatz généralement peu inspirés, publiés pour occuper le terrain. Dans le cas de Why I’m No Longer Talking to White People About Race, de Reni Eddo-Lodge (Bloomsbury), un essai sur le racisme, une des copies est particulièrement flagrante.

Saurez-vous reconnaitre l'original de la copie ?
 
 
Même sujet, même graphisme, même typographie, format approchant : dès qu'un ouvrage connait un succès inattendu, particulièrement en non-fiction, plusieurs titres sont rapidement publiés par d'autres maisons d'édition. L'objectif ? Occuper un segment particulièrement porteur, voire tromper un lecteur peu regardant sur le titre et le nom de l'auteur.

Au Royaume-Uni, cette stratégie commerciale a été épinglée par l'auteure Reni Eddo-Lodge, qui a signé l'essai Why I’m No Longer Talking to White People About Race chez Bloomsbury, en 2017. Polémique dès son titre, l'ouvrage a généré d'intenses débats et des ventes conséquentes pour ce type de littérature. 

On prend quasi le même, et on recycle

Quelques mois plus tard, Eddo-Lodge a eu la surprise de voir apparaitre sur le marché We Need To Talk About Race, de Ben Lindsay, publié par SPCK. Si la proximité des sujets peut s'expliquer par la vitalité du débat autour du racisme, quelques détails sautent aux yeux : couvertures très proche, titres qui se confondent aisément, tout semble fait pour que les deux ouvrages ne fassent qu'un pour les lecteurs.

L'auteure Reni Eddo-Lodge a publié un message exprimant sa déception de voir que le livre « dérivait à la fois du titre de mon livre et de son design de Greg Heinimann, remarqué et récompensé ». Elle n'a pas pointé du doigt la responsabilité de l'auteur, Ben Lindsay, mais plutôt l'approche de l'éditeur, résumée à un « copier-coller » par l'auteure Yomi Adegoke.
 

« Je suis sûre que le livre de Ben Lindsay soulève des points intéressants sur le racisme dans l'église, mais la couverture et le concept sont tous deux influencés par Reni Eddo-Lodge. Cette conversation sur le racisme doit aussi aborder le fait que le travail des femmes noires est souvent copié et non sourcé. »


« L'édition est une industrie de l'offre pléthorique, de toute façon, mais avec les auteurs issus des minorités, elle se limite vraiment à une approche de copier-coller », déplore-t-elle. L'éditeur de We Need To Talk About Race. a réagi dans un communiqué en expliquant que le graphisme de l'ouvrage était inspiré des affiches des militants afro-américains, dans les années 1960.
 
« Le livre de Reni, comme d'autres titres qui évoquent les relations entre les ethnies, partage la même inspiration », assure encore SPCK.

En France, où ce genre de pratiques éditoriales a aussi cours, ce sont surtout les libraires qui les dénoncent, pointant du doigt le temps de travail nécessaire pour démêler le bon grain de l'ivraie et les titres plus intéressants des simples copier-coller...


via The Guardian



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