Royaume-Uni : Le copyright, obstacle aux commémorations

Antoine Oury - 03.11.2014

Edition - Bibliothèques - oeuvres jamais publiées - Royaume-Uni - musées bibliothèques


En cette période de commémoration de la Première Guerre mondiale, les institutions se débattent régulièrement avec les lois sur le copyright. Les musées et bibliothèques britanniques font ainsi état d'une défaillance de la propriété intellectuelle qui les empêche de présenter certains documents : des lettres de soldat, jamais publiées, sont protégées par la loi jusqu'à 70 ans après la mort de l'auteur. Une campagne vient d'être lancée sur les réseaux sociaux, pour obtenir l'appui du public.

 


'Il y aurait pu y avoir une lettre d'un soldat de la Première Guerre mondiale dans cette vitrine'

La campagne #Catch2039 des musées et bibliothèques britanniques.

 

 

Les différents établissements ayant trait aux archives et au patrimoine se sont entendus pour monter une campagne pour sensibiliser le public : des feuilles blanches seront disposées dans les différentes expositions, avec un écriteau expliquant pourquoi telle ou telle pièce n'aura pas pu être ajoutée aux collections.

 

Une œuvre non publiée, au Royaume-Uni mais aussi ailleurs en Europe, reste protégée par le copyright, jusqu'à 70 ans après la mort de l'auteur. Ainsi, les lettres d'un poilu mort en 1969, quand bien même elles n'auront jamais été publiées, resteront inaccessibles aux institutions jusqu'en 2039. Une légère contradiction, en regard des différentes opérations de commémoration du conflit. Dans ces conditions, expliquent les institutions, comment effectuer le fameux travail de mémoire ?

 

« Les organisations engagées dans l'héritage culturel doivent prendre le risque de rendre l'œuvre disponible au public, ou bien assumer les coûts de représentation d'œuvres sous droits. C'est le seul choix pour les rendre disponibles, et il n'est pas acceptable », souligne Naomi Korn, consultante en propriété intellectuelle pour la Chair, Libraries and Archives Copyright Alliance.

 

Le public des différentes expositions est invité à prendre en photo les pages blanches, et à les publier sur les réseaux avec le hashtag #Catch2039.

 

(via TorrentFreak)