Royaume-Uni : Le mauvais niveau de lecture coûte 32 milliards £

Julien Helmlinger - 17.09.2014

Edition - International - Royaume-Uni - Niveau de lecture - Croissance économique


Une campagne de promotion de la lecture a été lancée outre-Manche, impulsée par la crainte de voir 1,5 million d'enfants britanniques atteindre l'âge de 11 ans, sans savoir lire correctement. Baptisée The Read On, Get On, l'initiative pilotée par des organes de bienfaisance comme Save the Children, le CBI, Teach First, ainsi que de nombreux écrivains, dresse un parallèle entre l'alphabétisation jugée déficiente et des phénomènes tels que le chômage où la croissance économique. Cette dernière pourrait payer la douloureuse à l'horizon 2015 : 32 milliards £.

 

 

Crédits : Save The Children

 

 

L'un des objectifs majeurs de cette nouvelle campagne est d'obtenir, de la part de tous les bords politiques du Royaume, un engagement écrit dans le cadre de l'optimisation de l'accessibilité à la lecture des plus défavorisés. À savoir les plus pauvres, les habitants des villes côtières et autres minorités ethniques. Les militants espèrent que chaque parti l'inscrira à son manifeste 2015.

 

Dame Julia Cleverdon, notamment soutenue par JK Rowling et Michael Morpurgo, préside la campagne. Pour elle, « bien lire », c'est être capable de lire, de comprendre et de pouvoir discuter d'œuvres comme la saga Harry Potter ou encore L'Île au Trésor de R.L Stevenson. Ainsi pour parvenir à une nation de lecteurs, les militants comptent inciter les parents à lire au moins 10 minutes par jour avec leurs enfants.

 

Or, un rapport a été commandé pour l'occasion, ayant impliqué la Newcastle University, le Centre Forum, la National Foundation for Educational Research ainsi que la National Literacy Trust, qui souligne l'importante disparité d'alphabétisation de la population. Les chercheurs estiment que le Royaume-Uni est le second pays de l'UE à déplorer les plus importantes inégalités de niveaux de lecture, juste derrière la Roumanie.

 

Par ailleurs, le rapport indique que les enfants pauvres seraient les plus affectés. Ainsi, ils seraient 40 % à ne pas savoir « bien lire » une fois arrivés à l'âge de 11 ans, soit le double du taux observé chez les rejetons de la classe supérieure. Un quart de ces enfants défavorisés posséderait moins de 10 livres à leur domicile. Pour les militants il s'agit d'un véritable « fossé de la lecture ».

 

Déjà en 2013, l'OCDE affirmait que le niveau d'alphabétisation des 16-24 ans, en Angleterre, n'était pas meilleur que celui de la génération de leurs grands-parents. Le problème se répercute à l'âge mûr, notamment avec un risque accru d'être au chômage. À l'heure actuelle, un adulte britannique sur 6 souffrirait d'un niveau de lecture inférieur à celui attendu d'un enfant de 11 ans. 

 

Selon les enquêtes réalisées en amont de la campagne : s'il avait été fait en sorte que tous les enfants âgés de 11 ans atteignent aujourd'hui le niveau de lecture jugé satisfaisant, le PIB national de 2025 pourrait être optimisé de quelque 32 milliards £.