Royaume-Uni : Le ministre de l'Éducation critique les manuels scolaires

Antoine Oury - 20.11.2014

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Le ministre de l'Éducation britannique Nick Gibb a sévèrement critiqué les éditeurs scolaires du pays, et a appelé à une « renaissance » en la matière. Et pour cause, puisque les manuels scolaires du pays ne font plus référence, aussi bien auprès des élèves que des professeurs, à l'inverse de ceux de la Chine, de la Finlande ou des États-Unis.

 

 

Girl sitting at desk flipping through textbook pages at Putnam School / Fille assise à un bureau feuilletant les pages d'un manuel à l'école Putnam

(Library and Archives Canada / Bibliothèque et Archives Canada, CC BY 2.0)

 

 

Shocking chez les éditeurs scolaires du Royaume-Uni : le ministre de l'Éducation a rédigé une préface pour une étude des manuels scolaires menée par Tim Oates, intitulée « Why textbooks count » (« Pourquoi les manuels scolaires sont essentiels »). Dans ce rapport, Oates était chargé d'évaluer les usages des manuels scolaires, ainsi que leur qualité, en comparaison avec ceux d'autres pays.

 

Le ministre Nick Gibb a pris acte des conclusions du rapport, où Oates écrit notamment : « Nous sommes passés à côté des mauvaises habitudes que nous avons prises, mais aussi de l'émergence, dans d'autres pays, de manuels scolaires extrêmement bien théorisés, édités, et mis à disposition avec pertinence », explique-t-il. A contrario, les manuels scolaires du pays passeraient à côté des attentes pédagogiques des professeurs et des élèves, avec seulement 10 % d'usages au sein des établissements scolaires.

 

« Leur remplacement progressif par des plans de travail et des plans de cours personnels a ajouté une masse de travail considérable pour les professeurs, nuit à la cohérence des cours et a eu un impact négatif sur les standards de l'apprentissage », explique le rapporteur, qui a étudié 200 manuels en provenance de Singapour, Hong Kong, de la Finlande ou du Massachusetts.

 

Au fil des années se serait créée, signale-t-il par ailleurs, une véritable politique « anti-manuels » au sein des institutions scolaires. Si bien qu'il inviterait presque l'État à valider les matériels scolaires publiés, tout en soulignant qu'une situation similaire à celle de Hong Kong ou Singapour n'est pas enviable.

 

L'association des éditeurs a rapidement réagi, avec un communiqué de presse du président Richard Mollet, le directeur de l'organisation : « Nous sommes totalement en désaccord avec ce bilan qui assure que les manuels britanniques sont de mauvaise qualité. Les éditeurs scolaires du Royaume-Uni créent des matériaux pédagogiques et éducatifs de première qualité qui sont utilisés dans le monde entier, y compris à Singapour, en témoignent les 40 % de leurs revenus réalisés à l'étranger. »

 

Depuis quelques mois, les éditeurs scolaires des pays occidentaux mettent en avant une baisse régulière, et alarmante, de leurs revenus.