Royaume-Uni : le prix moyen du livre encaisse une forte hausse

Antoine Oury - 23.02.2015

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Le livre deviendrait-il un produit de luxe au Royaume-Uni ? Le Bureau des Statistiques Nationales fait état d'une hausse sans précédent du prix du livre, papier et numérique, pour l'année 2014. L'industrie se réjouit de niveaux inédits depuis 1997, et espère que le principal vendeur du pays, Amazon, va suivre cette inflation.

 

 

Vintage Rising Home Prices

(Chris Potter, CC BY 2.0)

 

 

Sur l'année 2014, la hausse moyenne est estimée à 7,4 %, avec un pic relevé au troisième trimestre, qui encaisse 12,8 % d'augmentation. Les pourcentages couvrent les livres papier, poche et grand format, ainsi que les livres numériques, sans distinction. « Le marché de l'ebook a été très bien accueilli au début, mais il semblerait que même les acheteurs de livre numérique achètent à présent des livres papier », explique James Daunt, directeur général de la chaîne de librairies Waterstones et parmi les heureux.

 

D'après le vendeur, les achats de livres jeunesse ont le vent en poupe, alors que les consommateurs cherchent à éloigner les plus jeunes des écrans pour quelques minutes de lecture. De la même manière, les lecteurs de 9 à 12 ans, explique Daunt, « ne lisent pas sur des appareils électroniques, contrairement à ce qui était attendu ».

 

L'article de This is Money précise que le livre papier se distingue de l'ebook, dans l'esprit des consommateurs, notamment parce qu'il peut être prêté librement. Dans cette perspective, les verrous numériques qui empêchent transfert et lecture, mais aussi les systèmes propriétaires comme celui d'Amazon auraient finalement servi de repoussoir pour le livre numérique...

 

L'inflation est toutefois relativisée par Daunt, qui explique : « C'est la marque d'un changement des achats, avec des articles plus luxueux et des dépenses plus importantes pour les grands formats et les livres jeunesse, mais pas celle de prix plus élevés pour des ouvrages semblables. Sur ce plan-là, nous ne voyons pas de changement, ou très peu. »

 

La production aurait suivi les tendances des consommateurs, et mis l'accent sur des livres à haute valeur ajoutée, qui ont naturellement conduit le prix moyen du livre à la hausse. Et tous les vendeurs auraient ressenti cette inflation dans leur chiffre d'affaires, parfois au détriment des ventes : Daunt signale ainsi que les ventes de livres dans les supermarchés ont été très mauvaises, ces derniers mois.

 

Le DG de Waterstones signale enfin que les pressions tarifaires d'Amazon, moins fortes sur l'année en raison, notamment, des demandes des actionnaires pour de meilleures marges, restent puissantes sur les périodes importantes pour les ventes, en particulier les fêtes de fin d'année.