Royaume-Uni : les bibliothèques, variables d'ajustement des budgets

Antoine Oury - 13.07.2013

Edition - Bibliothèques - fermeture de bibliothèques - Grande-Bretagne - David Cameron


Les militants mobilisés contre la fermeture des bibliothèques britanniques reviennent, et les nouvelles ne sont pas bonnes : selon leurs estimations, près d'un millier d'établissements auront été fermés d'ici 2016. Le service public de circulation des livres est en berne en Albion, un état de fait confirmé par les observations d'une étudiante britannique : le Grande-Bretagne serait l'un des pays qui défendraient le moins les bibliothèques.

 

 

Save our Libraries Day - Gloucestershire

Dessin d'enfants pour alerter sur la fermeture des bibliothèques du Gloucestershire

(FOGLibraries, CC BY 2.0)

 

 

Les militants ont compilé l'ensemble des données en leur possession, et fait valoir que les budgets des communautés avaient subi une baisse substantielle, de l'ordre de 25 %, dissimulée par des coupes ponctuelles de moindre importance. Et l'avenir n'est pas plus radieux : au rythme des bilans et prévisions, ce sont près d'un millier d'établissements qui auront fermé leurs portes d'ici 2016.

 

« Le conseil de Bolton ne croyait pas aux bibliothèques gérées par des volontaires, et a simplement fermé 5 établissements. Les militants et l'organisation Civic Trust ont demandé à Ed Vaizey [Ministre de la Culture britannique] d'intervenir. D'abord, ses services nous ont dit avoir perdu notre demande. Ensuite, ils ont refusé de nous rencontrer. [Le ministre] ne témoigne aucune attention pour les besoins des jeunes, des personnes âgées et des défavorisés de Bolton, leurs accès à l'écrit, à l'éducation ou aux ordinateurs » a déclaré un militant, Geoffrey Dron.

 

La situation est donc particulièrement électrique, et le gouvernement de David Cameron directement mis en cause dans la fermeture des établissements de prêt : les militants font fréquemment référence au Public Libraries & Museums Act de 1964, qui garantit la mise en place d'un service public de qualité par le gouvernement. 

 

Une étudiante londonienne a par ailleurs procédé à une étude comparative des réseaux de bibliothèques aux États-Unis et en Grande-Bretagne, aboutissant à une conclusion sans détour. « Je pense que ce qui est plus intéressant de noter reste la différence de soutien et le plaidoyer pour le service des bibliothèques publiques aux États-Unis et au Royaume-Uni, à travers, par exemple, l'influence de l'ALA [American Library Association] : c'est une organisation forte, avec une marque forte, qui n'a pas peur de prendre la parole au nom de ses membres ou de faire du lobbying. »

 

Outre-Manche, les principales organisations, la Chartered Institute of Library and Information Professionals (CILIP) et la Society of Chief Librarians (SCL) sont rarement en première ligne sur la question des fermetures de bibliothèques. Pourtant, près de 3.000 bibliothécaires auraient perdu leur emploi depuis les débuts des coupes budgétaires. La CILIP s'est fait remarquer récemment... pour un changement de nom à plusieurs milliers de livres sterling.