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Royaume-Uni : les fermetures de bibliothèques ternissent la fin d'année

Antoine Oury - 17.12.2013

Edition - Bibliothèques - bibliothèque - royaume-uni - écosse


Les militants britanniques sont plus que jamais remontés contre les fermetures de bibliothèques au Royaume-Uni, même si leurs actions peinent à ralentir le flot des clés glissées sous les portes. Ainsi, les auteurs écossais se sont dressés contre le projet de réduire le nombre de bibliothèques à une seule pour deux établissements scolaires, tandis que la hiérarchie des bibliothèques est sévèrement chahutée par sa base.

 


Carnegie Library, Langley

La Carnegie Library de Langley, en Angleterre (Brian Clift, CC BY 2.0)

 

 

La Society of Authors d'Écosse a été la première à réagir, en dénonçant la proposition du conseil municipal d'Edimbourg : pour des raisons budgétaires, les élus souhaitent réduire le nombre de bibliothèques à une pour deux établissements scolaires. « [U]ne nouvelle analyse de l'Institute of Education montre que les enfants qui lisent pour le loisir ont de meilleurs résultats en maths, en vocabulaire et en orthographe par rapport à ceux qui n'ont pas l'occasion de lire souvent », écrit Lin Anderson, à la tête de la SoA.

 

Ainsi, la décision du conseil n'aurait d'autres effets que de fragiliser la formation des bambins, dès sa base, et sur la continuité. L'auteure explique ainsi qu'à l'âge de 7 ans, les parents ont tendance à ralentir les moments de lecture avec les enfants. Là où l'école était censée prendre le relais, il n'y aurait plus qu'un vide, cruel et dangereux.

 

Une lettre ouverte au conseil municipal, avec l'appui de l'auteur Ian Rankin, dont le but est clairement de faire réfléchir les élus sur la portée de leur décision, qui sera validée ou rejetée ce 20 décembre. Voir disparaître la moitié des bibliothèques de la ville serait un geste particulièrement révélateur de la politique en vigueur au sein d'Edimbourg, déclaré ville littéraire par l'UNESCO...

 

De réactions militantes et de fortes prises de position, qui contrastent avec la ligne molle de la Society of Chief Librarians (SCL), qui devrait faire partie de la première ligne des défenseurs des bibliothèques. Au contraire, l'institution se félicite des résultats du dernier rapport de la Chartered Institute of Public Finance and Accountancy (CIPFA), en soulignant l'adresse des bibliothécaires pour concilier « maintien d'un service dont dépend la communauté et réduction des coûts ».

 

Une analyse qui n'est pas vraiment celle de Laura Swaffield, à la tête des militants de Library Campaign : « Les usagers des bibliothèques du pays seront étonnés d'apprendre que la SCL pense que les développements récents sont "en accord total avec les besoins de la communauté". La réalité, ce sont des protestations de grande envergure et des plaintes à propos d'une prétendue consultation de masse. »

 

Le rapport de la CIPFA, qui rend compte des dépenses pour le service public, a en effet enregistré 74 fermetures de bibliothèques entre avril 2012 et avril 2013, ainsi que 6 % de visites en moins sur la même période. En retour, le nombre de volontaires dans les bibliothèques a augmenté de 44,5 %.