Royaume-Uni : les fictions traduites rencontrent un succès grandissant

Orianne Vialo - 09.05.2016

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D’après un récent rapport de Nielsen Book, société spécialisée dans l’étude des marchés, les ventes d’ouvrages de fictions traduits en anglais depuis d'autres langues représenteraient près de 5 % de l’ensemble des ventes de fictions au Royaume-Uni en 2015. Ce chiffre indique une hausse de 96 % des ventes du marché depuis l’année 2001.

 

(Domaine public)

 

 

Dans son étude, Nielsen Book souligne malgré tout que la proportion de fictions traduites depuis une autre langue reste extrêmement faible sur le marché. Toutefois, les fictions traduites représentent 5 % des ventes totales de fictions en 2015. 

 

Les fictions traduites ont vu leur popularité grimper en flèche : de 1,3 million d’exemplaires vendus par an, la vente de ces ouvrages est passée à 2,5 millions d’exemplaires vendus par an. 

 

D’après le rapport de Nielsen Book, le marché de la fiction traduite est en hausse, par rapport au marché général de la fiction, qui lui stagne. En 2001, 51,6 millions de livres de fiction ont été vendus, contre 49,7 millions vendus en 2015.

 

Lors de la période d’étude, les ouvrages de fiction ont été traduits depuis 91 langues différentes, de l’afrikaans au yiddish. Les cinq langues en tête de classement pour les ventes de livres traduits au Royaume-Uni en 2015 étaient le français, le portugais, le brésilien, l’espagnol, le russe et le mandarin alors qu’en 2001, les cinq premiers étaient le français, l’italien, le japonais, le suédois et l’allemand. 

 

Fiammetta Rocco, administrateur du Prix international Man Booker, a annoncé être « ravi de voir cette confirmation du potentiel et de la croissance de la fiction internationale au Royaume-Uni. Je souhaite que ces données encouragent les éditeurs et les agents à prendre plus de risques et d’investir dans la traduction ».

 

Andre Breedt, directeur de Nielsen Book Research, a quant à lui déclaré : « C’est un plaisir de travailler sur un projet de cette envergure. Les premiers résultats sont intéressants et nous espérons élargir la recherche ailleurs. »

 

Le Royaume-Uni, un marché réputé difficile

 

Une étude qui incite à l'achat de droits, et pour cause : les éditeurs anglophones ont la réputation d'être très frileux en matière d'achats de droits. « N'essayez pas de nous vendre des traductions, nous avons assez à faire avec nos auteurs », affirmait ainsi un éditeur anglais peu avant la Foire de Francfort 2015.

 

Une tendance persistante, mais qui a cependant tendance à s'atténuer pour certains éditeurs après quelques succès sur les marchés anglophones.

 

D'autant plus que les négociations s'avèrent parfois difficiles, comme le résumait tout de go une éditrice française à la Foire de Londres 2016 : « Ils [les éditeurs anglophones] prennent des rendez-vous et ne viennent pas. On ne voit pas les éditeurs américains, et les Anglais restent au bureau le jeudi. »

 

via The Bookseller